Le message d’après Andrée Chedid

Une adaptation sobre et émouvante.

Le message d'après Andrée Chedid

Marie (Pauline Weil) est une jeune femme Indépendante, intrépide et passionnée par son métier de reporter de guerre. Elle vit une histoire d’amour un peu chaotique avec Stéphane (Clément Jacqmin). Tous deux se connaissent depuis l’enfance. Il est archéologue et lui aussi passionné par son métier. Leur dernière rencontre fut houleuse mais Stéphane lui envoie une lettre tendre pour lui demander d’oublier leurs différents et de le rejoindre à la sortie de la ville, près du pont.. Marie est d’accord pour le retrouver. En chemin, elle est gravement blessée par une balle perdue. Seule, dans une rue déserte d’une ville dévastée, elle est allongée sur la chaussée défoncée, avec une seule idée en tête : comment lui faire savoir qu’elle venait au rendez-vous et qu’elle l’aime ? Quelques temps après elle est rejointe par deux femmes, Anya et Anton, qui vont lui venir en aide. Un jeune homme armé d’une mitraillette passe aussi un bref instant auprès d’elle.
Le roman d’Andrée Chedid, publié en 2000, est composé de brefs chapitres qui alternent le récit de l’agonie de Marie avec ses souvenirs heureux avec Stéphane, avec des chapitres concernant les autres protagonistes de l’histoire. La structure romanesque est complexe mais l’adaptation de Réjane Kerdaffrec et Brigitte Biasse est dans l’ensemble fidèle et fluide grâce au travail sur les espaces délimités par quelques rideaux, les jeux de lumières et les vidéos qui illustrent les souvenirs de Marie.
Les trois comédiennes Pauline Weil (Marie), Brigitte Biasse (Anya), Réjane Kerdaffrec (Anton) interprètent avec beaucoup de finesse et de retenue les trois personnages. Leurs rôles les confrontent à la douleur, à la mort et à la violence. Anya et Anton sont les dernières habitantes à quitter le quartier en ruine pour l’exil dans un pays étranger. Leur tristesse est perceptible. Elles apportent aussi leur empathie et leur sagesse dans ce monde de désolation.
Le jeu de Clément Jacqmin traduit fort bien la tendresse de Stéphane pour Marie, ses doutes et ses inquiétudes. Enfin Victor Lambert est Gorgio, le jeune homme à la mitraillette, qui s’est engagé dans ce conflit davantage pour se rebeller contre son père que par conviction. Il se sent quelqu’un parce qu’il a une arme. Il est un franc-tireur livré à lui-même qui tire sans grand discernement. Cependant, face à Marie blessée, la carapace guerrière qu’il s’est construite se fissure quelque peu.
Le décor et la mise en scène sont sobres mais suffisent à suggérer les destructions et le chaos décrits dans le roman. Dans cette ville en ruine, seul le message d’amour de Marie importe et laisse entrevoir encore un peu d’humanité.
Tout public à partir de 10 ans.

Le Message, d’après le roman d’Andrée Chédid

Adaptation : Réjane Kerdaffrec et Brigitte Biasse
Mise en scène : Réjane Kerdaffrec, assistée de Joséphine Fajgelj.
Avec : Pauline Weil, Clément Jacqmin, Victor Lambert, Brigitte Biasse, Réjane Kerdaffrec et la voix de Fabrice Drouelle
Chorégraphie : Laura Uçgùl.
Photographie et vidéos : Lucas Di Girolamo.
Musique originale : Simon Louveau.
Création lumière : Yohan Antoine.
Scénographie et costumes : Clara Louise
Cie Boulevard des Planches, Fabrice Drouelle.
© Clara Di Girolamo.

Avignon Off 2025, du 5 au 26 juillet 2025.
Relâche le mardi.
Théâtre des Barriques, Salle Bleue, 8, rue Ledru Rollin, Avignon.
Tous les jours à 11 h 45 - Durée : 1 h.

A propos de l'auteur
Brigitte Coutin
Brigitte Coutin

professeur de lettres modernes en lycée

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