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Critiques / Théâtre

Le Dragon

par Marie-Laure Atinault

Lancelot contre la dictature

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Le Dragon est un merveilleux spectacle, au propre comme au figuré, avec une mise en scène brillante et ludique de Christophe Rauck.

Lancelot, chevalier sans peur et sans reproche, arrive fourbu dans une chaumière. Il est accueilli par un chat qui parle. Le félin bavard lui apprend que la maison est frappée par le malheur, la jeune fille de la maison étant promise à une mort atroce. Elle va être offerte en holocauste au terrible dragon qui tyrannise toute la région, depuis plus de 500 ans. Révolté, Lancelot met son épée au service de la jeune fille dont il est tombé amoureux, au premier regard. Sa courageuse proposition ne reçoit pas l’enthousiasme espéré, mais se heurte à un refus embarrassé. Quant au dragon à trois têtes, il change de physionomie comme nous de chapeau. L’histoire extraordinaire de la pureté et de la vilenie commence.
Le Dragon est un merveilleux spectacle au propre comme au figuré. Merveilleux, car l’auteur Evgueni Schwartz utilise tout le catalogue des contes pour enfants : chevalier, belle jeune fille, animaux parlants et dragon. Grâce à cela, la pièce passa la censure soviétique en 1942, mais fut interdite après la première représentation. À travers le combat du dragon, Schwartz combattait la dictature, la lâcheté, l’oppression morale et physique. C’est une pièce riche, haute en couleurs qui peut être vue à tous les âges, un conte de fée philosophique et social.
Christophe Rauck a joué sur tous les états de la pièce dans sa mise en scène pleine d’invention et de trouvailles. Les personnages semblent sortis tout droit d’un livre en relief. John Arnold est le dragon à trois têtes. Ce comédien polymorphe déploie une imagination, une invention de jeu proprement stupéfiante. Passé maître dans l’art du grimage, il joue plusieurs personnages avec une jubilation communicative. Philippe Hottier pousse son personnage à la limite de la caricature, interprétant une théière très Actor’s Studio. Lancelot, le chevalier qui se remet doucement d’une blessure mortelle, est personnifié par l’extraordinaire Juliette Plumecocq-Mech. Ce spectacle est un divertissement subtil qui fait réfléchir sans donner de leçons. Une brillante réussite.

De Evgueni Schwartz. Mise en scène de Christophe Rauck, avec 15 comédiens dont John Arnold, Juliette Plumecocq-Mech, Philippe Hottier, Myriam Aeznot. Théâtre de la Cité internationale (14ème) : 01 43 13 50 60. Jusqu’au 15 novembre

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