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Critiques / Théâtre

Do, Mi Sol, Do

par Marie-Laure Atinault

L’amour donne le la

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Deux hommes, deux femmes en 1935, c’est mathématique, cela fait deux couples. Mais voilà, les mathématiques ne régissent pas les affaires de cœur. Michel et André ont chacun une maîtresse, le premier est le mari de la maîtresse du second qui est l’ex-mari de la maîtresse du premier. Simple non ! ?
Mais une bonne pièce vaut mieux qu’un long résumé. Paul Géraldy (1885-1983) est un auteur délicat mis au purgatoire de la mode. L’immense succès que remporte son recueil de poème Toi et Moi dont le célèbre Baisse un peu l’abat-jour met dans l’ombre le reste de son œuvre dix-sept pièces, deux romans et des poèmes.
Le titre mérite une explication : Do, Mi, Sol, Do, c’est l’accord parfait, que le musicien trouve sur son clavier mais que l’amoureux ne trouve pas forcément dans l’alcôve. Le ton et le style de cette pièce semblent être un compromis entre Sacha Guitry et Bernstein, car dans toute comédie il suffit d’un bémol pour que le drame pointe son nez. Marivaudage diront certains, comédie de mœurs diront d’autres. Un peu de cela et plus encore. Géraldy mériterait vraiment d’être redécouvert, tant cette pièce nous séduit par sa construction bien équilibrée. Les personnages sont décrits en pleine tourmente amoureuse. Une fois les premiers feux moins vifs, ils découvrent que le quotidien et les questions matérielles sont les ciseaux qui coupent les ailes de Cupidon.

Un petit bijou d’humour courtois

Régis Santon a déniché ce petit bijou d’humour courtois que n’aurait pas renié un Noël Coward. La finesse des répliques, le chassé-croisé et l’évolution des situations ont séduit Régis Santon qui a choisi de monter la pièce en costumes d’époque. En effet, si l’amour est éternel, certaines tournures de langage, l’échelle des relations homme femme, la place d’une femme divorcée ont bien évolué, quoique ! En 1935, une divorcée était une paria, la jolie Gabrielle le dit avec beaucoup d’émotion : c’est celle que l’on n’invite pas ou que l’on met en bout de table.
Tout est plaisant dans ce spectacle, jusqu’au décor de Claude Plet et aux lumières de Laurent Béal. Régis Santon a rajeuni les rôles, on imagine une Gaby Morlay, une Marie Bell, un Victor Francen ou un Victor Boucher, ici ce sont des trentenaires. Les femmes sont ravissantes, Rachel Arditi et Camille Cottin, David Seigneur et Sacha Stativkine leur donnent la réplique avec assurance et fougue. Do, Mi Sol, Do est une mélodie pleine de charme et d’élégance qui se fredonne avec plaisir.

Do, Mi, Sol, Do, de Paul Géraldy, mise en scène de Régis Santon, avec les comédiens David Seigneur, Sacha Stativkine et les comédiennes Rachel Arditi, Camille Cottin, Mélaine et Betty Nicolas, au Théâtre Sylvia Montfort, Paris 15e, Tél. 01 56 08 33 88, jusqu’au 2 juillet 2006.

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