Du 14 octobre au 1er novembre, mercredi au samedi 19h, dimanche 15h, La Scala Paris, 13 Boulevard de Strasbourg, 75010, Paris.
Un petit pas de trop, direction artistique et chorégraphique Kader Attou.
Glissades et empoignades des classiques du burlesque.

Kader Attou explore avec justesse la relation étroite qui lie deux langages du corps : la danse et le burlesque, Il parle d’une « porosité, (où) le corps devient le théâtre d’une dualité fascinante : l’élégance y côtoie la dérision, la souplesse y rencontre la maladresse assumée. »
On pourrait ajouter dans son petit pas de trop à la danse et au burlesque, les arts du cirque, très présents dans le spectacle et qui marquèrent ses débuts de créateur. Les objets sont rares mais signifiants, valise et ballons. Le décor se compose d’une table et trois chaises à cour, et au centre d’une structure étagée avec deux escaliers, un jeu de portes en bas et en haut. Le tout agrémenté d’un réverbère et d’un lustre. Autant d’éléments d’ambiance cinématographique, années vingt ou trente du siècle passé.
Un terrain de jeu périlleux pour les trois gaillards qui l’investissent. Régis Truchy, Mansour Abdessadok et Kader Attou reprennent les figures de la triade magique Harold Lloyd, Buster Keaton, Charlie Chaplin. Leurs costumes dépareillés, chapeaux datés, rappellent ces silhouettes que tout un chacun a gardé en mémoire, des films vus dans l’enfance. Les sonorités de Régis Baillet, zébrures classiques ou électro percussives , sont surtout dominées par un accordéon populaire et nostalgique .
Régis Truchy et Mansour Abdessadok sont des références du hip hop et le démontrent brillamment dans des solos ou des duos qui s’enchainent en exprimant ce petit pas de trop à la limite du déséquilibre, façon de revisiter aussi la pantomime. Kader Attou explore les figures du cirque du vide, du grand saut et de la peur de la chute . Numéro de voltige comique et acrobaties entre trois chaises et un lustre.
La plume d’oie est la synecdoque de la représentation, virevoltante , belle et aux usages multiples, elle peut être une arme pour l’écrivain, l’apanage des spectacles de cabaret, aérienne elle peut piquer au vif.
Les réminiscences des grands classiques du burlesque apparaissent en filigrane : course poursuite et jeu de portes pour les cavalcades de Buster Keaton, montée vers les cintres pour la fameuse scène où Harold LLyod est pendu à l’horloge d’un gratte ciel. Charlie Chaplin est omniprésent avec la valise de l’émigrant ou un ballon géant, tel celui du Dictateur jouant avec un globe terrestre .
Les glissades et les empoignades suggèrent des scènes emblématiques et répétitives de ces classiques mais sublimés par les arabesques des danseurs ou leur gestuelle mécanique, une gamme complète qui revisite l’art de la chute, du déséquilibre, du rétablissement périlleux.
Les trois compères se retrouvent autour de la table pour un ultime échange silencieux, où l’exclusion du tiers se fait par la mimique et la posture comme une mise en abyme d’ un ressort plus intime du burlesque, le rejet du héros par la masse, les gens « normaux » .
Cette poésie existentielle de la solitude imprègne Un petit pas de trop.
Un petit pas de trop, direction artistique et chorégraphique Kader Attou, création musicale et sonore Régis Baillet (Diaphane), lumières Fabrice Crouzet, scénographie Olivier Borne Interprétation Régis Truchy, Mansour Abdessadok, Kader Attou. Du 14 octobre au 1er novembre, mercredi au samedi 19h, dimanche 15h, La Scala Paris, 13 Boulevard de Strasbourg, 75010, Paris, Tél 40 03 44 30, lascala-paris.fr 20 novembre 2026 / Maisons-Alfort, Les Théâtres (94), 25 novembre / Bagneux, Théâtre Victor Hugo (92), 11, 12 décembre / Alès, Scène NaKonale (30), 14, 15 janvier 2027/ Belgique, Charleroi, Palais des Beaux-Arts, 18 janvier / Miramas, Tournée Mosaïque Arsud (13), 29 janvier/ Castres, Théâtre Municipal (81), 4, 5 février / La Trinité, La Stella (06) .


