Du 24 au 29 mars, mardi au vendredi 19h30, samedi 18h30, dimanche 15h30, Théâtre du Rond-Point.

Ne pas finir comme Romeo et Juliette, texte et réalisation Métilde Weyergans et Samuel Hercule.

La Cordonnerie met Shakespeare en boîte.

 Ne pas finir comme Romeo et Juliette, texte et réalisation Métilde Weyergans et Samuel Hercule.

Le collectif La Cordonnerie reprend son dernier spectacle dans le cadre d’un programme « En famille » au Théâtre du Rond-Point, une production bien rodée qui unit généreusement les arts de la scène, la manipulation d’objets et le jeu d’acteur, la musique et le cinéma. Un bricolo malicieux destiné aux enfants de sept à soixante-dix-sept ans.

Shakespeare est de la fête, on peut s’amuser à retrouver les petits cailloux le célébrant, déposés au fil du spectacle comme le chat Othello, l’évocation furtive de Richard II, d’Hamlet, du Songe d’une nuit d’été surtout, qui correspond autant sinon plus que Romeo et Juliette à l’univers du spectacle. L’autre grand invité est le Port du Havre, filmé à la tombée de la nuit et qui distille une ambiance tout kaurismäkienne dans l’errance d’un couple amoureux original et hors du monde.

A l’image des matériaux divers et du détournement d’objets les plus communs, la trame et les dialogues sont un patchwork de réminiscences de Fantomas à H.G. Wells, de Carco aux films noirs. Il faudrait maintenant y ajouter Marty Supreme mais le film est trop récent.

Car tout commence par une partie de ping-pong, des petites balles blanches pleuvent sur le plateau. Romy est une championne de tennis de table qui fuit un milieu oppressant et monocolore où tous les êtres sont besogneux et couverts d’une combinaison et d’un masque laineux et gris parce qu’ils sont invisibles. Elle traverse un pont et se retrouve dans un monde à l’apparence plus humaine, plus colorée, plus dilettante mais tout aussi paranoïaque. S’ensuit une histoire d’amour improbable entre un astrologue lunaire et météorologiste du nom de Pierre et l’invisible Romy. Balade masquée dans les rues, feux d’artifice, Romy danse dans une boite pour se libérer mais des chiens méchants la rattrapent, une femme flic interroge Pierre, final mystérieux, toutes les péripéties et tous les détails peuvent s’interpréter de mille façons.

De la bonne cuisine, pleine de gags et de trouvailles. Dans les limbes, Timothée Jolly et Mathieu Ogier distillent une musique cinématographique permanente, sirupeuse ou inquiétante. Sur le plateau Métilde Weyergans et Samuel Hercule se livrent à toutes sortes de bruitages amplifiés avec des godasses, une poubelle, des vieux téléphones… Des pots de fleur ou des valises tombent du ciel, les deux acteurs occupent la scène autant que l’écran avec un savant décalage.

Un divertissement au climat poétique et nostalgique sympathique. Beaucoup des objets utilisés datent du siècle passé. Le poème Inventaire pourrait illustrer cette variation sur les amours contrariées, comme son auteur Jacques Prévert dont l’esprit populaire, baladeur et souriant plane au dessus du spectacle plus que celui de Shakespeare.

Louis Juzot

Ne pas finir comme Romeo et Juliette, texte et réalisation Métilde Weyergans et Samuel Hercule, musique Timothée Jolly et Mathieu Ogier, à l’écran Samuel Hercule, Valentine Cadic, Marin Moreau, Benoit Moreira Da Silva, Katell Jan, Aurélia Petit, Pasquale d’Inca, Chloé Chomis, Louise Pagès, images Vadim Alsayed, décors Victor Melchy, costumes Rémy Le Dudal, masques Adèle Ogier, montage Julien Soudet, effets spéciaux Chadi Abo et Naser Abo / Hecat Studio avec Métide Weyergans, Samuel Hercule, Timothée Jolly, Mathieu Ogier. Du 24 au 29 mars, mardi au vendredi 19h30, samedi 18h30, dimanche 15h30, Théâtre du Rond-Point, 2bis av. Franklin D. Roosevelt ? 75OO8, Paris Tél : 01 44 95 98 21, theatredurondpoint.fr

Crédit photo : Pierrick Corbaz.

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