Du 22 septembre au 9 octobre 2026, du lundi au vendredi 20h, samedi 18h, relâches les 27 septembre et 4 octobre, au Théâtre 13, Paris / Site Bibliothèque.
Marasme, texte Collectif La Cabale, mise en scène Collectif La Cabale.
Contre des temps mortifères et oppressants, le rire et la dérision.

Le Collectif La Cabale « vit dans un monde où tout parle en même temps - informations, opinions, notifications, guerres, indignations, blagues, crises sociétales. Tout arrive simultanément, sans hiérarchie ni respiration. On a appris à réagir à tout, à avoir un avis sur tout, à répondre vite, très vite, trop vite. Au milieu du vacarme, une chose devient presque obscène : se taire. »
Marasme est une comédie absurde et corrosive sur une société incapable de s’arrêter, bruyante et impatiente, non-réceptive au silence, dit La Cabale.
On ne peut que reconnaître l’ambigüité et la disharmonie de la ville, « faite d’irrégularité et de changement, de choses et d’affaires glissant l’une devant l’autre, refusant de marcher au pas, s’entrechoquant ; intervalles de silences, voies de passage et ample pulsation rythmique, éternelle dissonance, éternel déséquilibre des rythmes… » (Robert Musil, L’Homme sans qualités.)
Ce roman des années 1930 évoquait l’agitation excessive et désordonnée des milieux urbains qui empêche les habitants de faire retour sur soi dans le calme, le silence réconfortant et l’intimité retrouvée. Cent ans plus tard, la solitude et le sentiment d’abandon des êtres à fleur de peau sont saisis depuis l’intérieur - une conscience éveillée qui n’est plus vue objectivement-, ne serait-ce que dans la relation exclusive et close de tous avec leur i-phone.
En guise de contre-poison, est offerte la contemplation d’un paysage verdoyant dans l’écoute du chant des oiseaux aux noms poétiques rêveurs.
Sur la scène, le champ préparatoire à cette migration des neuf interprètes est la fréquentation d’un musée d’art contemporain, où l’on déambule face aux oeuvres créées, observées dans le silence - des présences respectueuses.
Or, en alternance avec l’admiration devant les toiles peintes, un, deux ou trois visiteurs, si ce n’est tous ensemble, jouent sur le plateau des saynètes insolites. Une jeune femme éprouve des difficultés à s’asseoir, afin de faire une pause, elle essaie, échoue puis recommence. Tant pis, on la verra s’épanouir en dansant, esquissant de beaux gestes chorégraphiés.
Des « Conservateurs » anonymes s’expriment à coeur ouvert, ne comprenant pas qu’ils puissent relever de la « tradition », d’une époque passée qu’ils regrettent puisqu’ils se sentent rejetés par les extrêmement contemporains. L’une avoue aimer son mari, une autre en a contre les vélos, un autre encore ne peut s’empêcher de blaguer sur les « basanés » et les homosexuels… On professe l’inclusion des différences tout en se réservant un territoire à soi. Ironie, dérision et facétie se dégagent de ces contradictions malhabiles.
Une cadre supérieure d’entreprise, nerveuse, mobile et ne tenant pas en place, qui ne vit que pour sa profession, se confie à une psychologue. Elle est certaine d’être diagnostiquée TDAH - Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyper-activité. Entière mais empêchée, la comédienne fait sourire dans sa volonté comique de résoudre sa solitude, son sentiment d’abandon.
Une jeune femme poursuit son téléphone de ses assiduités, un smart-phone façon jouet ou doudou moqueur de couleur pastel, mi-velours mi-peluche. La course du duo infernal surgit ici et là au cours de la représentation. D’abord, pour image initiale, les acteurs enfermés dans une même boîte transparente, serrés comme dans un wagon de métro, ou des poissons dans un aquarium.
Les images incongrues et amusées ne cessent de se succéder, stimulant le rythme et l’attente du public, intéressé par tant d’invention dans les mouvements et la gestuelle. Au bout du spectacle, trône la forêt imaginée - troncs, feuillages d’un vert éclairé -, et se fait entendre le chant des oiseaux.
Une farce tragi-comique et poétique, porteuse de consolation et de bonne santé, face à une ambiance délétère, envoyée aux enfers depuis la scène.
Marasme, Lenteur et frustration, anatomie d’une angoisse civilisationnelle - expérience de l’inconfort du temps entre durée étendue et désir résiduel. Texte Collectif La Cabale, mise en scène Collectif La Cabale, avec Marine Barbarit, Lola Blanchard, Alix Corre, Margaux Francioli, Akrem Hamdi, Aymeric Haumont, Charles Mathorez, Thomas Rio, Rony Wolff, scénographie Audrey Vuong, création lumière François Leneveu, Pacôme Boisselier, création sonore Raphaël Charpentier, son Vinciane De Mulder, Nils Glachant-Morin, chorégraphie Vincent Breton. Du 22 septembre au 9 octobre 2026, du lundi au vendredi 20h, samedi 18h, relâches les 27 septembre et 4 octobre, au Théâtre 13, Paris / Site Bibliothèque 30 rue du Chevaleret 75013 Paris. Du 16 au 18 décembre 2026, Théâtre Sorano - Toulouse. Le 16 janvier 2027, Le Cratère - Scène nationale d’Alès. Les 11 et 12 mai 2027, TSQY - Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines.



