Du 29 sept. au 24 oct. 2026. Du mar. au ven. à 19h, Sam. à 17h, relâche dimanche et lundi, au TPM - Théâtre Populaire de Montreuil.
Mahabharata, une histoire de la violence, adaptation et mise en scène Pauline Bayle.
Une humanité soumise à la violence, au désir et à la trahison.

Épopée indienne qui remonte aux origines de l’humanité, Le Mahabharata correspond, selon la metteuse en scène et directrice du Théâtre Public de Montreuil, Pauline Bayle, à un tourbillon. Ce texte fondateur mêle les registres et les genres, jouant sur la force de l’imaginaire. Avec une distribution féminine qui représente - paradoxe - le tonus, la hargne et l’envie masculine de montrer ses muscles, de les tendre à l’excès pour en découdre, elle en offre une adaptation contemporaine, racontant comment la haine entre deux clans entraîne le monde dans une guerre inévitable et absolue.
Mahabharata signifie « Grande histoire des Bhârata » et raconte l’histoire d’un conflit entre deux branches d’une même famille, les Pandava et les Kaurava. Cette épopée majeure de la culture indienne vient d’une tradition orale de plusieurs siècles, fixée par écrit en sanskrit au V è siècle avant J-C, enrichie au fil des siècles. Soit une réflexion sur l’action, les raisons qui poussent l’homme à agir, et les effets de ces actes recourant à la force.
A l’orée du spectacle, surgit l’auteur et narrateur, le poète Vyasa, et personnage de l’épopée, qui pose les fondations de l’intrigue avant de la lancer. Le rôle est porté par Nirupama Nityanandan qui parle en français et en tamoul : le ton est donné, - voix épique reconnaissable et récit projeté dans l’émotion - et l’esthétique du Théâtre du Soleil sourd, réinventée.
La scénographie est soignée : cercle de la lune élevé sur le lointain qui sert d’écran à la vidéo, et cercle de la terre sur le plateau, que des couches de sable investissent peu à peu et que les actrices balaient aussi, sous une musique électronique incessante qui aplanit confusément les enjeux. Brutalement, tombent des cintres une portée de lapins, un sanglier- évocation de la forêt. Un enfant joue le dieu Krishna, un des avatars du dieu Vishnou.
Or, l’action scénique s’accomplit prosaïquement, réitérant les figures convenues de situations d’affrontement, de combats à deux le plus souvent, à travers le fil privilégié par l’adaptatrice de porter à la scène des générations successives de jeunes guerriers qui entrent en lice, si ce n’est que ces silhouettes - de belles interprètes singulières - ne font pas théâtre ensemble, même si leur expression met en valeur l’idée du jeu, du désir, de la trahison.
S’installe plutôt une curiosité pour des figures de b. d. verticales, interprètes féminines ou plus ou moins, en short et baskets, le tout-venant de jeunes gens d’aujourd’hui, qui réactualiseraient des enjeux contemporains urgents.
Toutes les actrices en verve, reconnaissons-le, sont impliquées à part entière dans l’intrigue - portant leur poids d’existence en même temps que celui des figures mythiques qu’elles interprètent. Notons dans ce chœur harmonieux et équilibré, Nach, artiste chorégraphique intense du krump, danse non-violente et non agressive, mais saccadée et tonique, prestation qui arrête le regard.
N’oublions pas les présences enthousiastes de Clémence Pillaud et de Jenna Yasmina Thiam - détermination des désirs et ardeur à les accomplir -, ni celles de Julie Grelet, Viktoria Kozlova, Hélène Chevallier et Agnès Belkadi.
Un Mahabharata succinct qui réhabilite la raison et la réflexion avant l’action.
Mahabharata, une histoire de la violence, adaptation et mise en scène Pauline Bayle. Avec Agnès Belkadi, Hélène Chevallier, Julie Grelet, Viktoria Kozlova, Nach, Nirupama Nityanandan, Clémence Pillaud, Jenna Thiam, avec les enfants (en alternance) Dario Bensignor, Béla Carcel Cazi, Jade Guisguillert, Anaëlle Zhao, scénographie Marion Flament, Pauline Bayle, assistées de Klervi Kerouedan, costumes Pétronille Salomé assistée d’Irène Jolivard et Nathalie Saulnier, marionnettes Anaïs Heureaux, lumières Mathilde Chamoux assistée de Tom Cantrel, vidéo Jérémie Scheidler, musique Maria Laurent, Guillaume Bachelé, regard chorégraphique Nach, son Marion Cros, Thibault Lamy. Du 29 sept. au 24 oct. 2026. Du mar. au ven. à 19h, Sam. à 17h, relâche dimanche et lundi, au TPM - Théâtre Public de Montreuil, theatrepublicmontreuil.com Du 26 et 27 novembre 2026 TANDEM – Scène nationale de Douai. Du 16 au 19 décembre 2026 Théâtre du Nord – CDN Lille Tourcoing Hauts-de-France. Du 6 au 16 janvier 2027 Les Célestins – Théâtre de Lyon. Du 28 et 29 janvier 2027 Volcan – Scène nationale du Havre. Du 3 au 5 février 2027 Trident – Scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin. Du 7 au 9 avril 2027 Théâtre Olympia – CDN de Tours. Le 13 avril 2027 Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux. Du 20 et 21 avril 2027 L’Azimut – Antony/Châtenay-Malabry. Le 24 avril 2027 Théâtre Louis Aragon – Scène conventionnée de Tremblay.
Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage.



