Accueil > Les Enfants du soleil de Maxime Gorki

Critiques / Théâtre

Les Enfants du soleil de Maxime Gorki

par Corinne Denailles

Dans le sillage de Tchékhov

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Cette pièce de Gorki peu souvent mise en scène a été écrite par l’écrivain lors d’un séjour en prison à la suite d’émeutes sanglantes, en 1905. Elle semble conçue dans le sillage de Tchékhov dont on sent la présence à travers les thèmes, les personnages et leurs relations, sauf que l’univers de Gorki, traversé par une violence bien concrète, est tourné vers l’avenir. Dans une maison aristocratique vivent Protassov (Vincent Joncquet) un chimiste qui se livre à des expériences aussi explosives que la situation de la Russie, sa femme Elena (Alix Poisson), qui trouve dans les éprouvettes des rivales redoutables, Liza (Nathalie Radot), la sœur malade du chimiste, Cassandre désespérée, la gouvernante (Colette Venhard) et tout le petit monde des domestiques. Un peintre (Sidney Ali Mehelleb) amoureux d’Elena, un vétérinaire (Teddy Melis) amoureux de Liza fréquentent assidûment la maison ainsi que la sœur du vétérinaire, Melania (Eléonore Joncquet-Simon), qui vénère le chimiste. La maison vit au rythme des visites, des histoires d’amour des uns et des autres, jusqu’à ce que le monde extérieur vienne bouleverser cette vie paisible. Les émeutes grondent, le choléra est là, le vétérinaire se tue de désespoir amoureux et Liza, qui venait de prendre conscience de son amour pour lui, n’y survivra pas. Un monde ancien implose mais pour quels lendemains ?
La mise en scène de Côme de Bellscize, encombrée d’une scénographie un peu envahissante, ne trouve pas toujours le bon tempo et manque d’unité mais le spectacle est emmené par des comédiens qui font preuve d’un bel esprit de troupe et donnent une belle énergie à ces enfants du soleil. Alix Poisson (Elena) confirme un talent déjà remarqué, entre autres, la saison dernière dans ce même théâtre 13, dans le beau Jour de l’italienne de Sophie Le Carpentier. Elle dégage une présence qui allie grâce, légèreté et gravité intérieure. On soulignera aussi la belle prestation de Teddy Melis qui incarne un vétérinaire très tchékhovien. Quand à Eléonore Joncquet-Simon, elle compose un personnage totalement déjanté et décalé dans ce contexte, exubérante, hystérique et très touchante, réussissant un joli pari de numéro d’acteur. La tragédie russe prend des accents de comédie de la vie.

Les Enfants du soleil
de Maxime Gorki, mise en scène de Côme de Bellescizes, avec Michel Baladi, Sabrina Brus, Jonathan Fussi, Vincent Joncquet, Eléonore Joncquet-Simon, Gaël Marhic, Sidney Ali Mehelleb, Teddy Melis, Alix Poisson, Nathalie Radot, Colette Venhard au théâtre 13 du mardi, mercredi, vendredi à 20h30, jeudi et samedi à 19h30, dimanche à 15h30, jusqu’au 13 décembre. Tel : 01 45 88 62 22. Durée : 2 heures.

Spectacle créé au TOP à Boulogne Billancourt.

crédit photogaphique : Antoine Melchior.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.