Du 6 au 8 octobre 2026, le 6 et le 8 à 19h, le 7 à 20h • La Rose des vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq (59) en co-réalisation avec le Théâtre du Nord - Centre Dramatique National Lille Tourcoing (59).

J’attends peu, j’aspire à beaucoup, écriture et mise en scène Hugues Duchêne.

Anticiper un futur fantastique pour éviter le pire au présent et à venir.

 J'attends peu, j'aspire à beaucoup, écriture et mise en scène Hugues Duchêne.

Après Je m’en vais mais l’Etat demeure, une peinture de l’actualité politique entre 2016 et 2022, fresque correspondant à la confrontation aux « années Macron », et après l’exploration de la période révolutionnaire pour mieux comprendre l’Histoire de France et notre présent dans L’Abolition des privilèges, l’auteur et metteur en scène inspiré, Hugues Duchêne, propose un nouveau récit politico-théâtral, pour mieux appréhender l’avenir en exorcisant les angoisses du présent qui paralysent le citoyen, conjuguant la politique française au futur, dans un comique efficace et bouffon d’ « une lucidité mordante et d’une énergie collective ». Et tous ainsi de regarder l’avenir en face sans mensonges ni faux-semblants pour toucher l’immédiat aujourd’hui.

Que va-t-il se passer en France durant les cinquante prochaines années ? J’attends peu, j’aspire à beaucoup suit le parcours d’Arthur Cagniot-Duchêne (Hugo Duchêne), de ses dix à soixante ans, historien du droit constitutionnel, à travers les évolutions politiques possibles du pays entre 2027 et 2077. Comment finira la V ème République ? Et la VI ème ? À quoi ressemblerait une loi d’égalité affective et sexuelle ? Quelle agriculture imaginer sur une planète à bout de souffle ? Devant ces incertitudes aléatoires, ce spectacle de science politique-fiction regarde les peurs en face, envisage le bon et le moins bon, s’attache à un calcul de probabilités rompant avec la passivité actuellement de mise, face à la montée de l’extrême droite, le retour de la royauté, le droit à l’égalité affective et sexuelle, le changement climatique.

En trois mouvements - 2027-2047, le populisme et l’extrême droite ; 2057, le sexe et la gauche ; 2077, l’agriculture et le climat -, le spectacle traverse cinquante ans d’anticipation française, suivant le destin ordinaire d’un juriste.
Pour décor, sur le plateau, trois isoloirs géants pour des élections à venir…

Qu’Edouard Philippe soit élu, que l’Europe se scinde entre Etats du Nord et Etats du Sud, que la Pologne et l’Allemagne soient en guerre contre la Russie, que des alliances politiques inattendues se fassent entre tel parti ou tel autre, que les canicules et les inondations se succèdent de plus en plus vite, que la température de la planète ne cesse de monter, la pagaïe est là, raconte le théâtre-récit parfois un peu bavard, entre farce et mélancolie dans un monde in-tranquille. Il se pourrait que soit à l’ordre du jour le retour de la royauté au pouvoir, avec une « de Bourbon », (Céline Samie, fantasque).

On se croirait sur une chaîne info en continu qui délivre ses nouvelles en temps réel, le ruban du prompteur se déroulant face public, sans interruption, si ce n’est que les animateurs des sacro-saints plateaux télé d’informations sont des acteurs chevronnés et interprètes d’une folie inédite. - celle de comportements quotidiens et professionnels excessifs, tels des outils technologiques affinés, qui incarneraient les changements et les ruptures.

Une parole débridée, entre casques et oreillettes qui n’existent même plus et qui ont fait place aux jeux de doigts sur la tempe ou de la main ouverte ou fermée devant soi, une main comme projetée ou immobile, selon le message à envoyer ; et si on prend l’ascenseur, il suffit de souffler fort l’étage souhaité, et foin des boutons à presser…L’équipe du Royal Velours n’a pas sa langue dans la poche et s’en donne à coeur joie. Arpentant la scène, prenant le public à témoin, interpelant, invectivant : Eric Frey dans le rôle de bateleur ne ménage pas sa peine pour remuer la salle. Saluons la vivacité engagée de tous sur la scène, Victor Guillemot, Margaux Le Mignan et Maxime Pambet.

Inventer une application où un logiciel qui calculerait le taux de séduction érotique, sensorielle ou sexuelle de chacun - évalué à la hausse ou à la baisse - pour trouver un équilibre général entre tous, qu’ils soient bien notés ou pas, pour une égalité affective de la tendresse, une fois par an - un droit pour tous, un Service Public de l’Amour - joindre spa France-connect…

En suivant le regard et la présence sur la scène d’un preux chevalier en armure, soit un retour au Moyen Age inattendu, on entend celui-ci, figure équestre élégante, s’exprimer en moyen français. Il interroge dans sa langue les années 2070/2077, dans un paysage de montagnes arides et sans fraîcheur, bien au sud de Lyon car la grande ville est le Mal, pour vivre avec le moins d’empreinte carbone possible dans une décroissance rêvée -l’écologie est à l’honneur qui n’exclut pas le commerce d’échange d’énergies.

Un spectacle-marathon qui force le sourire et le rire bon-enfant dans sa façon de dépasser l’immédiat de nos temps un peu fous, stimulant l’état des lieux, le dépliant jusqu’à l’excès pour en mieux dénoncer paradoxes et incongruités.


J’attends peu, j’aspire à beaucoup
, écriture et mise en scène Hugues Duchêne. Avec Hugues Duchêne, Eric Frey, Victor Guillemot, Margaux Le Mignan, Maxime Pambet et Céline Samie, collaboration artistique et création vidéo Pierre Martin Oriol, assistanat à la mise en scène Victor Guillemot, scénographie et costumes Julie Camus, création lumière Gwennaëlle Krier, création son Martin Hennart. Du 6 au 8 octobre 2026, le 6 et le 8 à 19h, le 7 à 20h • La Rose des vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq (59) en coréalisation avec le Théâtre du Nord - Centre Dramatique National Lille Tourcoing (59). Du 25 novembre au 11 décembre 2026, lundi au vendredi 20h, samedi 18h Théâtre 13, Bibliothèque, 30 rue du Chevaleret, 75013 Paris.-Du 19 au 22 janvier 2027 • Théâtre Sorano / Théâtre de la Cité - CDN • Toulouse (31). Du 18 au 24 mai 2027 • off le 23 mai • Les Célestins -Théâtre de Lyon (69).
Crédit photo : Simon Gosselin.

A propos de l'auteur
Véronique Hotte

Laisser un message

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

S'inscrire à notre lettre d'information
Commentaires récents
Articles récents
Facebook