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Critiques / Opéra & Classique

Christophe Desjardins, altiste altruiste

par Olivier Olgan

Toutes les facettes d’un artiste polyvalent

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Chambriste en duo ou en trio, soliste avec l’Ensemble Intercomtemporain et Les Cris de Paris ou en récital seul, l’altiste Christophe Desjardins multiplie les créations et les initiatives musicales pour réveiller nos curiosités à la création d’aujourd’hui.

La nécessité d’être un initiateur au sens propre du terme

C’est une nécessité d’avoir plusieurs facettes dans son art, pas seulement parce que le répertoire solo de l’alto est étroit - pratiquement nul avant le XXéme siècle et Hindemith - mais parce les demandes du public sont différentes. Il a besoin d’être accompagné. Christophe Desjardins par son art comme par ses convictions, est ancré dans son temps. « Si on demande uniquement au public d’être consommateur il se lasse. Il est très important que le musicien montre son rapport avec la musique, cela crée une relation différente avec l’audience et son audience est transformée. »

Elève et compagnon de route de Pierre Boulez

Depuis qu’il a croisé la baguette de Pierre Boulez comme musicien de renfort dans l’ensemble Intercomporain en 1984, l’altiste a fait sienne l’exigence du compositeur qu’il retrouve au cours du festival que lui offre le Louvre du 6 novembre au 9 février. Cette exigence n’a rien de caractériel, elle est totalement au service de la réalisation musicale. Boulez fait preuve d’une patience pédagogique infinie pour les musiciens qui ne comprennent pas ses intentions. Ce que j’ai découvert au fil du temps, c’est qu’il est un chef qui laisse très libre. Le fait de faire de la musique guidée par une personnalité aussi forte que la sienne produit une expérience qui fait de l’interprète quelqu’un de plus important qu’il ne l’est en réalité. Son exigence est une forme de libération. Quel que soit le répertoire, les enjeux restent les mêmes : l’interprète est une interface entre la partition et le public. Cette haute idée du concert et du public, c’est à Pierre Boulez que je la dois.

Un créateur de répertoires

Christophe Desjardins n’a de cesse de solliciter les compositeurs les plus divers. Son poste à l’Ensemble Intercontemporain depuis 1990 ne l’enferme sur aucun courant actuel. Ma génération s’est libérée des chapelles qui souvent avantageaient tout le monde. Aujourd’hui, tous ces courants se croisent et se nourrissent. Le monde musical arrive comme un reflet de la société. Ce qui reste – après l’abandon des utopies – c’est la nécessité de faire de la bonne musique qui résiste à l’écoute et qui peut se livrer à plusieurs niveaux de lecture. Et de concevoir le rôle de l’artiste comme celui qui s’avère capable de donner une clé d’accès à la bonne musique. Mon devoir est de dire au public, cette pièce je vous la joue parce qu’elle a une substance musicale forte.

Ce rôle de passeur , il l’assume sur scène comme au disque, ne cachant pas ses coups de cœurs comme pour Emmanuel Nunes par exemple dont il crée admirablement plusieurs pièces (cd Aeon).

Une réelle gourmandise pour la création

Les titres de ses programmes ou enregistrements sont révélateurs de sa gourmandise : Alto démultiplié qui associe Boulez, Reich ou Benjamin Viela, ou  Chansons d’Altiste avec Janacek - Contines rigolotes - , Schumann - Histoire sans parole- et Berio, ou encore Voix d’alto comme le titre de son enregistrement chez Aeon rapprochant Luciano Berio et Morton Feldman. Avec comme toujours une analyse pénétrante des compositions. Desjardin est de ceux qui nous communiquent le bonheur qu’ils éprouvent eux-mêmes en jouant. On peut toujours prendre la main du public vers quelque chose de nouveau. Mais cette confiance n’est jamais gagnée. Il ne faut jamais être perçu comme quelqu’un comme un expert enfermé dans sa chapelle mais un artiste qui humanise la découverte.

Le Lauréat du concours ’Maurice Vieux’ est convaincu que la musique pose les questions de notre temps. Il pousse les feux pour éclairer le public. Ses découvertes sont vraiment à suivre.

Jeudi 6 novembre, Paris Cité de la musique, Amphithéâtre du musée 20hKarlheinz Stockhausen, Laub und Regen (Feuilles et pluie) pour clarinette et altoavec Alain Damiens, clarinette.
Concert retransmis en direct sur France Musique 

Lundi 10 novembre, Paris [Théâtre des Bouffes du Nord-

http://www.bouffesdunord.com/saison

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