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Critiques / Théâtre

Zelda et Scott de Renaud Meyer

par Gilles Costaz

Des acteurs vrais et légendaires

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C’est la très bonne surprise de la rentrée. Alors qu’on pouvait penser qu’un auteur français allait se prendre les pieds dans les clichés en contant l’histoire si typiquement américaine de Scott et Zelda Fitzgerald, Renaud Meyer nous prouve le contraire. Cette griserie qui ne quitta l’auteur de Tendre est la nuit et sa femme Zelda, il a su lui trouver un vérité jazzée en passant par la langue française et des acteurs d’ici. Premier acte : lors d’une réception, Scott et Zelda, qui viennent de se connaître font l’amour, indifférents aux invités qui les cherchent, puis, dans la même chambre, au fil des jours, voient leur entente traversée de mouvements incessants d’adoration et de jalousie. Deuxième acte : ils sont à Cannes, à la terrasse d’un hôtel de grand luxe et tout n’est plus que poison entre eux. Hemingway, qui était sans doute l’un des amants de Zelda, la déteste à présent et passe pour la couvrir d’opprobre auprès d’un Scott qui ne croit plus qu’à son partenaire de toujours, l’alcool. Troisième acte, ou dernière scène, car tout est assez court : Zelda est soignée dans un hôpital psychiatrique. C’est la fin…

Renaud Meyer, comme auteur et aussi comme metteur en scène, a trouvé le ton, celui du défi joyeux à la mort. Les mots sont brillants, les corps sont libres et dansants – tandis qu’un jazz band intervient allègrement dans le premier acte. Le décor de Stehlé (il était l’un des plus grands scénographes européens et il vient de mourir) a du chic et de l’âme. Les deux interprètes principaux sont on ne peut plus vrais et légendaires. Julien Boisselier, en costume blanc, imprime à Scott Fitzgerald autant de légèreté que de tourment, avec cette classe qu’on n’attribue stupidement qu’aux acteurs hollywoodiens. Sara Giraudeau, sous le chapeau cloche des années charleston, se déploie dans un mouvement perpétuel, trouvant avec la même exactitude les gestes de la fête et ceux du désespoir. Jean-Paul Bordes campe un Hemingway plutôt féroce dont il accuse habilement la force massive en contraste avec le funambulisme des Fitzgerald. Une réserve, une seule, sur la fin du spectacle qui tente une note onirique, peu convaincante. Mais voilà un très bon biopic !

Zelda et Scott , pièce et mise en scène de Renaud Meyer, décor de Jean-Marc Stehlé assisté de Catherine Ankl, costumes de Dominique Borg, chorégraphie de Lionel Hoche, lumières de Hervé Gary, avec Sara Giraudeau, Julien Boisselier et le Manhattan Jazz Band : Xavier Bornens (trompette), François Fuchs (contrebasse), Aidje Tafial (batterie). La Bruyère, tél. : 01 48 74 76 99. (Duré : 1 h 30).

Photo Lot

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