Accueil > Stabat mater d’Antonio Tarantino

Critiques / Festival

Stabat mater d’Antonio Tarantino

par Gilles Costaz

Une femme volcanique

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Antonio Tarantino, un auteur italien qu’on ne confondra pas avec les cinéastes américains du même nom, fait subir un sacré lifting à la tradition du « stabat mater », forme de plainte héritée du mythe de la Vierge face à son fils absent. Ici, dans un mauvais quartier de Naples, Marie a des problèmes avec son bandit de mari, introuvable, et avec son fils, Jésus qui a été arrêté par la police et dont on ne sait quel sort lui a été réservé. Alors, chez elle, elle éructe, elle trame des plans, elle fomente des stratagèmes, avec l’imagination, l’obsession sexuelle et la tendresse secrète d’une femme qui n’a guère connu que le commerce des corps et les trafics des corrompus.
Dans une ancienne chapelle où ne figurent guère que quelques objets diaboliquement saint-sulpiciens, Annie Mercier incarne avec une force incroyable cette mégère que rien n’apprivoise. Elle goûte chaque mot, d’une énorme crudité, et emporte la pièce dans un torrent de férocité qui n’est qu’amour blessé et revanche contre une société monstrueuse. Portée par la mise en scène d’Eric-Gaston Lorvoire, qui instaure un climat de plus en plus brûlant, l’une de nos plus grandes actrices, subtilement volcanique, livre là un spectacle d’une extraordinaire volée.

Stabat mater d’Antonio Tarantino, traduction de Michèle Fabien, mise en scène d’Eric-Gaston Lorvoire, lumières de Christian Mazubert, avec Annie Mercier. Théâtre des Halles, tél. : 04 32 76 24 51.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.