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Critiques / Festival

Richard III de Peter Verhelst

par Marie-Laure Atinault

Lagarde plus Poitrenaux, un vrai moment de théâtre

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Avertissement il ne s’agit pas du Richard III de William Shakespeare mais d’un texte de Peter Verhelst, auteur néerlandais bien inconnu en France.

Effectivement, l’avertissement n’est pas inutile, car la durée du spectacle peut étonner 1H30. Peter Verhelst a choisi pour son adaptation une vision différente du personnage et de la cour d’angleterre. Ce sont les femmes qui sentent, et ressentent la tragédie. La pièce commence par un monologue de la Duchesse d’ York qui sait qu’elle a porté en son sein le serpent Richard. Néanmoins elle aime son fils avec l’aveuglement d’une mère. La déformation de Richard est toute intellectuelle, pas de bosse grandiloquente, pas de pied bot. Non, ici Richard est présenté comme un sale gosse qui sait très bien ce qu’il veut et les moyens qu’il mettra en œuvre pour accéder au pouvoir.

Tout de rouge : le décor est rutilant, des ogives médiévales rappellent avec ironie que nous sommes dans le cloître des Carmes et que la cour d’Angleterre à l’époque de la guerre des deux roses pouvait basculer dans l’obscurantisme. Les alcôves abritent le désespoir de la Duchesse d’York. Le trône au milieu du décor est accessible par quelques marches, ce trône qui est l’objet de toutes les convoitises. Les protagonistes vêtus de satin bleu ou de noir marchent tous vers la mort , Richard aime les solutions expéditives et est contre l’engorgement des prisons.

Ludovic Lagarde a découvert ce texte lors d’une lecture au festival d’Avignon investi par les Belges en 2005. Touché par le ton, le style et le souffle qu’il donne aux personnages, avec cette poésie singulière, le père du "Colonel des Zouaves" a trouvé là un nouveau terrain pour semer une nouvelle mise en scène pleine d’inventivité. Décalée, glissant vers un rire amer et inquiétant, les amateurs de l’équipe applaudiront sans retenue ce nouveau succès.

Laurent Poitrenaux compagnon de toutes les aventures de Ludovic Lagarde prouve encore une fois quel exceptionnel comédien il est. Son Richard, un poil rock and roll, un poil Nosferatu, est jusqu’à présent l’une des plus belles surprises de ce festival languissant.

Richard III de Peter Verhelst. Création festival d’Avignon 2007. Mise en scène Ludovic Lagarde. Avec Anne Bellec, Laurent Poitrenaux, Geoffrey Carey, Samuel Réhault, Christèle Tual, Pierre Baux, Francesca Bracchino, Camille Panonacle, Suzanne Aubert et Antoine Herniotte.
Festival d’Avignon – Cloître des Carmes jusqu’au 26 juillet 2007

www.festival-avignon.com

Crédit photos : D.R

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