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Critiques / Comédie & Humour

La perruche et le poulet de Robert Thomas d’après Jack Popplewell

par Marie-Laure Atinault

Fable policière pour rire

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Ne cherchez pas dans les Fables de La Fontaine, « La Perruche et le Poulet » ne fait pas partie des œuvres de notre fabuliste grand siècle, mais de Robert Thomas, auteur, metteur en scène et comédien qui écrivait surtout des pièces policières. « La Perruche et le Poulet » fut créée par un couple mythique Jane Sourza et Raymond Souplex. Ce dernier avant de devenir le fameux inspecteur Bourrel des « 5 dernières minutes » avait formé avec Jane Sourza un duo de clochard pour une émission radiophonique, « Sur le banc », où les deux compères revisitaient l’actualité avec truculence. Les retrouver sur scène était un événement et la pauvre Jane Sourza très malade, connu son dernier succès. La diffusion de la pièce dans le cadre de « Au théâtre ce soir » battit des records, le lendemain on ne parlait que de l’infernale bavarde et du commissaire. Luq Hamett gardait un très vif souvenir de la pièce. Il faut dire qu’en 1969, Raymond Souplex alias Bourrel ( à moins que ce ne soit l’inverse ) est une star, chaque nouvel épisode des « 5 dernières minutes » est très attendu. Quand on lui a proposé de monter une pièce il n’hésita pas un seul instant. Le plus dur restait à faire la distribution. L’inspecteur Grandin est un flic bougon du genre ours mal léché au grand cœur, Jean-Pierre Castaldi accepta tout de suite. Pour la perruche Claude Gensac s’imposa, car elle nous permettra de le dire cette dame, qui a plusieurs fois 20 ans, a toujours un minois coquin.

Un mort disparaît…

Qui a dit que l’on s’ennuyait chez les notaires. Maître Rocher est exaspéré par ses employés : de la petite dactylo qui pense plus aux garçons qu’à son travail, à sa collaboratrice trop parfaite et surtout à la standardiste Mademoiselle Postic qui pense qu’elle est payée pour téléphoner à ses amies. Il va prendre les mesures qui s’imposent. Mademoiselle Alice Postic en a vue suffisamment d’autres pour être impressionnée. Oui elle est bavarde, oui elle aime raconter des histoires d’amour à ses copines au téléphone pendant les heures de boulot, oui elle aime boire un petit verre d’apéritif pour se remonter entre deux appels. L’étude de Maître Rocher est un peu sa deuxième maison. Le vestiaire est une annexe qu’elle a aménagée avec le nécessaire : vin blanc, bonbons, infusions, tricots, médicaments. Tout le monde est parti et notre impénitente bavarde voit son patron avec un couteau dans le dos. En bonne professionnelle elle appelle immédiatement la police et s’évanouit sous le coup d’une émotion bien compréhensible. A son réveil le cauchemar va commencer tout de suite en la personne de l’inspecteur Grandin qui la prend pour une vieille folle. Alice prend les choses en main et mène l’enquête !

La police de Papa

La pièce de Robert Thomas est une comédie bon enfant mais où l’aspect policier n’est pas laissé de côté puisque le ou la coupable ne sera découvert qu’à la fin. Les personnages ont tous de la chair même si l’on tombe dans certaines conventions, la secrétaire revêche amoureuse malheureuse de son patron, le flic bougon, un peu obtu mais au grand cœur, le clerc séduisant et la vieille fille. Notre perruche a l’âme d’une midinette, elle se voit comme Angélique marquise des anges alors qu’elle est plus proche que Miss Marple. Mais qu’importe puisque justice sera faite !

Un petit voyage dans le temps

On ne chamboule pas un souvenir d’enfance. Luq Hamett a décidé de jouer la carte de l’époque, en faisant une reconstitution des années soixante amusante. Le décor notariale, les costumes et l’absence de certains accessoires de notre vie moderne tel le portable nous plonge dans cette époque. Le spectacle est mené tambour battant par une solide distribution. Claude Gensac est une grande dame qui est une infernale et délicieuse Alice Postic, la bavarde. Son capital de sympathie auprès du public est immense, elle irradie de bonheur et le dispense généreusement. Jean-Pierre Castaldi est parfait en flic bougon et enrhumé. Luq Hamett a réalisé une mise en scène classique. Son but est de nous amuser avec un léger frisson. Il a très bien organisé les déplacements de ses comédiens. Luq Hamett a remis à la mode la comédie policière espérons que le genre suscitera des vocations car il est si bon de rire en bonne compagnie pour bouter hors de notre vie la morosité !

La Perruche et le Poulet de Robert Thomas d’après Jack Popplewell
mise en scène de Luq Hamett avec Claude Gensac, Jean-Pierre Castaldi, Michel Feder, Hélène Bizot, Bénédicte Bailly, Malcolm Conrath, Laure Maturier, Stéphane Foulogne.
jusqu’à fin septembre au Théâtre Dejazet Tél : 01 48 87 52 55

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