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Critiques / Comédie & Humour

La Puce à l’oreille

par Marie-Laure Atinault

Fidèlement

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Il faudra un jour établir le classement des pièces de Feydeau les plus jouées. La Puce à l’oreille doit arriver en bonne position. Elle a en effet subi de nombreux avatars. L’an passé, Stanislas Nordey et Marcel Maréchal ont empoigné l’œuvre du dandy du boulevard. Le premier en la ridiculisant, le second en campant un Poche-Chandebise très convaincant. Jacqueline Bœuf dirige le théâtre Tête d’or à Lyon, depuis presque 25 ans. C’est le seul théâtre privé en régions rassemblant plus de 13 000 abonnés. La programmation y fait la part belle aux comédies, alternant des spectacles invités et des créations maison. Jacqueline Bœuf choisit des pièces populaires, misant sur une solide distribution. Elle dirige son théâtre et ses comédiens avec une rigueur et un professionnalisme dont la réputation a dépassé l’agglomération lyonnaise. Pour les fêtes de fin d’année, Feydeau étant une valeur sure, la Tête d’or propose donc, à son tour, une Puce à l’oreille alerte. La salle est comble.

Bombe à retardement

Deux mots sur l’intrigue, si vous avez la chance de ne pas connaître encore cette comédie. La chance, en effet, car vous pourrez alors savourer les rebondissements et les sauts de cette puce volage. Raymonde Chandebise soupçonne son époux de la tromper. Deux indices lui ont mis la puce à l’oreille. D’une part, Victor-Emmanuel, son mari, déserte l’alcôve conjugale ; d’autre part, par mégarde, c’est-à-dire tout à fait délibérément, Raymonde a ouvert un paquet expédié par l’hôtel du Minet galant, contenant les bretelles de Victor-Emmanuel. Elle décide d’en avoir le cœur net et demande à sa meilleure amie, Lucienne Homénides de Histangua, d’aller enquêter sur le terrain. Pauvre Victor-Emmanuel, sa défaillance conjugale va lui causer bien des soucis. Le secret de Feydeau réside dans le principe de la bombe à retardement. Il met, dans un premier acte, des personnages aux caractères bien tranchés pour les précipiter dans une succession de catastrophes, de quiproquos. Ici le quiproquo est roi.

Une mise en scène efficace

Jacqueline Bœuf a choisi de monter la pièce en costumes (presque) d’époque et de respecter les didascalies (indications scéniques de l’auteur). Respectez Feydeau, il vous le rendra. Le résultat est effectivement des plus réjouissants. Sa mise en scène est très classique et sage, mais efficace. Elle a fait quelques petites coupures sans aucune occurrence sur le bon déroulement de l’intrigue. Jacqueline Bœuf interprète elle-même Raymonde Chandebise, avec autorité et entrain. Sur le plateau, on retrouve de vieux routiers des planches, comme Pierrette Pradier ou Jean-Pierre Andréani, mais c’est Roland Farrugia qui remporte la palme pour sa composition hilarante de Homénides, en jaloux hispanique, et Pascal Gilbert en Anglais lubrique. Tout ici est bien réglé, des décors en passant par la joyeuse musique de Michel Frantz. Le but de Jacqueline Bœuf est de rendre heureux son public. Il le lui rend bien, en remplissant son théâtre toute la saison.

La Puce à l’oreille, de Georges Feydeau, mise en scène Jacqueline Bœuf, avec Yann Personnic, Jacqueline Bœuf, Jean-Pierre Andréani, Roland Farrugia. Théâtre Tête d’or à Lyon 04.78.95.46.69. www.theatretetedor.com.

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