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Critiques / Théâtre

La Cage aux blondes

par Jacky Viallon

Imprévisible

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Le spectacle débute par une fausse introduction, confondante de réalisme : deux comédiennes viennent nous lire à la barre (de scène) une déclaration indiquant que les ayants droit de Jean Genet auraient refusé que les créateurs de la pièce introduisent des extraits des Bonnes dans leur spectacle. Les deux comédiennes imagineraient-elles de soumettre Les Bonnes à la fantaisie de leur imaginaire ? Elles se détacheront rapidement de ce thème pour naviguer dans une sorte de performance présentant des tableaux tout droit sortis de leur folie inventive. On a tout à penser que le spectacle aurait pu être élaboré à partir d’improvisations sauvagement mises en liberté. Fort heureusement, le résultat final affiche un absurde sous contrôle d’une logique implacable. On a aussi l’impression de voir se fabriquer devant nous une démonstration en temps réel.

Pause surréaliste

Au début, on y trouve une ambiance proche de celle entourant les sœurs Papin ou du film inspiré de leur histoire, La Cérémonie de Claude Chabrol. Le préambule, d’une étonnante rigueur corporelle, fait penser à l’esthétisme des films de Murnau. A ce moment précis, le travail de lumières prend tout son sens. Si les effets de scènes répétitives ont largement été exploités, on y découvre toutefois une facture bien particulière. Les comédiennes, d’un naturel remarquable, dans un jeu tout en fluidité, nous entraînent dans un code absurde qui captive rapidement. Elles nous livrent peu à peu les clés d’une distanciation peu commune. Leur complicité et leur frénésie en font des personnages écorchés vifs. Elles bénéficient ainsi d’une dynamique sans artifice qui nous entraîne dans une sorte de glissade qui tient à la fois du rêve ou de la pause surréaliste. Ainsi évoluent-elles d’une ambiance à l’autre avec une facilité déconcertante. Les tableaux s’enchaînent et s’enchevêtrent de manière assez imprévisible. Il y a cependant, derrière tout cela, un véritable équilibre, dû probablement à une recherche théâtrale assez réfléchie. Cette recherche est discrète mais diablement présente.

La Cage aux blondes, de Marie Payen et Aurélia Petit, texte de Aurélia Petit. Mise en scène : Pierre Maillet, Zakarya Gouram et Oliva Grandville. Avec Marie Payen et Aurélia Petit.Théâtre national de Chaillot Paris 16e. Tel :01 53 65 31 00. Jusqu’au 11 décembre 2005. 20 h 30 et dimanche 15 h. Relâche le lundi.

Photo : Charles Petit

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