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J’espère qu’on se souviendra de moi de Jean-Marie Piemme

par Gilles Costaz

Une grande création à Toulouse. Entretien avec Sébastien Bournac

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Nouvelle ère pour le théâtre Sorano à Toulouse. Conventionné par la ville et gérée par l’association Tabula rasa, cette belle salle au fronton antique parie à présent sur la création moderne, avec les choix de Sébastien Bournac, le nouveau directeur dont le spectacle, J’espère qu’on se souviendra de moi de Jean-Marie Piemme, ouvre la saison. Donc tout un symbole pour un théâtre qui renaît.

Ce spectacle est né d’une commande que vous avez passée au grand auteur belge qu’est Jean-Marie Piemme. Comment ce projet a-t-il pris forme ?
Sébastien Bournac : J’avais monté, avant d’être nommé directeur artistique du Sorano, une pièce de Piemme, Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis. Nous nous connaissions donc. Il y a longtemps que je tourne autour d’un téléfilm de Rainer Werner Fassbinder, Je veux seulement que vous m’aimiez : en 1967, Fassbinder s’était passionné pour un détenu, un jeune homme mal-aimé qui avait fini par commettre un meurtre, et s’était projeté dans ce personnage. J’en ai parlé à Piemme, que je suis allé revoir à Bruxelles, et j’ai fait traduire par Irène Bonnaud des témoignages authentiques parus en Allemagne. Piemme s’y est intéressé. Je lui ai passé une commande qui précisait que le texte devait comprendre une série de prises de paroles.
Le texte de Piemme est-il composé d’une succession de monologues ?
Ce sont sept personnes qui parlent de Carlos, le travailleur manuel incarcéré : ses parents, son épouse, la grand-mère de l’épouse, l’employeur et un témoin. Ce sont des prises de parole individuelles. Mais c’est dans une construction globale. Ce que chacun dit dépasse l’histoire de chacun et rejoint de grandes questions : qu’est-ce qu’être le père ou la mère d’un meurtrier ? Quels rapports le criminel peut-il avoir aux parents, au travail, à l’amour ? Nous ne sommes plus en 1967. Ces figures parlent d’aujourd’hui. Le texte de Piemme est très marqué par les attentats. Il donne à voir quelle onde de choc produit un fait traumatisant dans nos vies et comment il les repositionne.
Qu’apporte l’écriture de Jean-Marie Piemme à un projet qui vient de vous ?
Tout son regard cynique réjouissant ! J’aime tellement son esprit ! Son écriture fait superbement confiance au langage. Elle tisse si bien les rapports de la fiction et du réel. Il écrit aussi dans la joie de l’énergie théâtrale qui va venir. Le théâtre, c’est des nageurs, pas des noyés. Et la parole, c’est l’action ! Piemme a créé un kaléidoscope passionnant, un puzzle où le spectateur va fabriquer son chemin.
Avec pas mal de problèmes posés au metteur en scène ?
C’est une expérience, à laquelle participent sept bons acteurs et un musicien qui travaille avec un piano « préparé ». La scénographie, toute en miroirs, est motorisée. Elle tourne et permet au spectateur de voir son propre reflet. On a travaillé tantôt avec un acteur seul tantôt avec tous, afin d’arriver à la choralité, à partir de ce texte très ludique, et très polar.

J’espère qu’on se souviendra de moi de Jean-Marie Piemme, mise en scène de Sébastien Bournac, accompagnement musical de Sébastien Gisbert, scénographie de Christophe Bergon / Lato sensu museum, lumière de Philippe Ferreira, costumes de Noémie Le Tilly, avec Séverine Astel, Alexis Ballesteros, Alexandra Castellon, Régis Goudot, Raouya, Pascal Sangla, Benjamin Wangermée.

Théâtre Sorano, Toulouse, tél. : 05 32 09 32 35, du 6 au 14 octobre. Puis au Parvis de Tarbes, 18 octobre, à la Scène nationale d’Albi, les 8 et 9 novembre, au CIRCa à Auch, le 22 novembre.

Photo François Passerini.

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