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Critiques / Opéra & Classique

Création du Quintette à cordes de Stéphane Delplace

par Irena de la Bassetière

Un compositeur singulièrement tonal

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Contrairement à bon nombre de ses contemporains, le compositeur Stéphane Delplace est convaincu que le langage tonal recèle encore beaucoup de richesses non explorées. « Un monde nouveau même fascinant m’attire moins que celui dont l’épreuve des siècles garantit l’intelligibilité et rend accessibles les idées nouvelles les plus singulières », explique-t-il. C’est donc au sein du système tonal que Stéphane Delplace choisit de faire évoluer sa musique, de déposer la marque de sa singularité de compositeur.

Un compositeur singulièrement tonal
Né le 11 novembre 1953, Stéphane Delplace commence très jeune l’étude du piano. À l’âge de 17 ans, il décide de consacrer entièrement sa vie à la musique et plus particulièrement à la composition. Il fait ses classes de contrepoint, d’harmonie, de fugue et d’orchestration au Conservatoire National de Musique de Paris. Il est aujourd’hui professeur à l’École Normale de musique de Paris, l’École d’Alfred Cortot, où il enseigne l’harmonie, le contrepoint et la fugue. Il est également professeur d’écriture aux conservatoires de Paris 6e et 17e.

Un large catalogue abordant tous les genres
Résolument tonale, sa musique aborde plusieurs genres avec des œuvres pour chœur et orgue (De Sibilla), pour violoncelle seul (Variations dans le Ton de Sol, enregistrées par Emmanuel Boulanger chez Scarbo), pour orgue (Chacone), pour orchestre (Le Tombeau de Ravel) et surtout pour piano (entre autres : Préludes & Fugues dans les trente tonalités ; 14 Klavierstücke, enregistrés par Jean-Louis Caillard chez Saphir ; Passacaille ; Six fausses Suites ; Concerto pour piano n°1, créé au Luxembourg par Giancarlo Crespeau et redonné à Paris en décembre 2007 par Jean Dubé et Adrian McDonell à la Cité Internationale ; Fugue selon Fugue, Concerto pour piano n°2 créé par G. Crespeau en 2006…).
En 2000, Delplace rejoint le groupe Phœnix, fondé par Jean-François Zygel et Thierry Escaich, groupe dont le but est de proposer une alternative à la musique contemporaine institutionnelle.

Les Préludes et Fugues dans les 30 tonalités, « exercice sur fond métaphysique »
Les couleurs douces amères de certains de ces préludes, dans leur propre dénuement, en appellent à ce qu’il y a de plus intime en nous. Les fugues, redoutablement efficaces, avec leurs harmonies singulières, se déploient dans un cadre merveilleusement structuré. C’est bon pour nos oreilles… Les obsessions de Delplace deviennent les nôtres, avec ceci de magique que nous ne pouvons pas forcément les identifier comme lui le peut. Qu’importe ! la musique s’exprime d’elle-même. Des thèmes, par dizaines, des idées si simples, si puissantes, qui portent potentiellement en elles toute la richesse de la fugue. On avance, dans une alternance maximum de bémols et de dièses, à travers les trente tonalités usitées du langage tonal. Des couleurs par milliers. S’il est impossible de dissocier la forme canonique du prélude & fugue de l’œuvre de Bach, rien de plus « delplacien » que les thèmes et les harmonies proposées dans ce recueil.

Le concerto pour piano n°1, écrit en 2002-2003
Le recueillement, au milieu du faste de la virtuosité, des sonorités énergiques, vigoureuses, est encore possible. Des idées, toujours des idées. Premier mouvement. Un thème exploré sous des angles variés, multiplié, au piano, à l’orchestre, si doux, si violent. Vient le deuxième mouvement, avec l’entrée des cordes qui prennent en charge les « douleurs douces » harmoniques, si chères à Stéphane Delplace. Puis les vents. On en oublie le piano qui doit venir. C’est déjà ample, puissant, merveilleusement musical. Le piano entre au paroxysme de la puissance pour introduire une soudaine douceur, seul. Des surprises, déjà, dans ce milieu si tonal. Des audaces, presque… on sourit. On sourit parce que ça nous surprend. On sourit parce qu’il y a un immense plaisir dans cette découverte. Et puis voici le troisième mouvement qui vient lancer une fugue diabolique. La fugue déroule son chemin, se ramifie. Alors, au milieu de son travail au piano et à l’orchestre, émerge le son rond, majestueux, mélancolique d’un violoncelle soudain seul. Stupeur. Fantastiquement émouvant. Puis le piano revient, avec son diable de fugue.

Concerts à venir :
Festival Envolées Musicales, cinquième édition du festival des
étudiants de musique d’Île de France, du 27 mai au 1er juin 2008.
Création du Quintette à cordes de Stéphane Delplace
le mardi 27 mai 2008 au Temple des Batignolles,
44 boulevard des Batignolles, 75017 Paris.
Entrée : 10€ ; tarif étudiant : 5€.

Disques disponibles à la vente :
- Quatorze Klavierstücke, Jean-Louis Caillard (piano), [Saphir Productions] ;
- Pièces pour violoncelle solo, Emmanuel Boulanger (violoncelle), œuvres de Gaspar Cassado, Stéphane Delplace, Zoltan Kodaly, [Skarbo].

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1 Message

  • Création du Quintette à cordes de Stéphane Delplace 31 octobre 2011 14:51, par Françoise Devic

    nostalgie !!! est-ce toi mon voisin de baccalaurat à la roche sur yon en 1971 ? je le savais ,tu allais devenir célèbre !
    félicitations , c’est magnifique ! souvenir,souvenir et qq fois ils sont merveilleux,ce sont ceux de notre innocence , le temps des rêves . Et bien continuons à rêver et à créer ts à notre manière . Je me souviens , tu voulais devenir chef d’orchestre et cela me faisais rêver !!!
    Cordialement

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