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Critiques / Théâtre

Voyage dans les mémoires d’un fou de Lionel Cecilio

par Gilles Costaz

Ultimes rêveries avant la mort

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Parti des Mémoires d’un fou de Flaubert, Lionel Cecilio a choisi de prendre ses distances avec le livre qui a été le déclencheur de son inspiration et d’écrire selon sa propre idée de la folie. Il imagine un homme du XIXe siècle, qui est aussi un hommage d’aujourd’hui, écrivant à la plume d’oie et qui, sachant qu’une maladie inguérissable va le terrasser, essaie de coucher sur le papier ses souvenirs et ses pensées. Son cheminement est incohérent, les aventures contées disparates. Il narre des rencontres avec des archétypes – l’enfant, le père -, de grandes figures (Einstein, Dieu lui-même) et brasse les cultures, avec un intérêt particulier pour les mots du Portugal – le pays d’origine de l’auteur ou de sa famille, manifestement.
Seul en scène, modifiant parfois légèrement sa tenue, Lionel Cecilio va de gauche à droite sur le plateau. A droite, il est le fou qui écrit ; à gauche, effectuant quelques habiles contorsions, il joue les différents événements de son texte : des réflexions en tout genre, et différentes scènes avec les personnages qui défilent. Il y a un don réel pour l’écriture (« Appliquez-vous dans vos erreurs, les gens ne se souviendront que de vos faux-pas »), un charme certain dans l’interprétation qui vise à ne pas jouer les règles du one man show classique mais à aller plus loin, en combinant la drôlerie et la réflexion philosophique. Mais les pensées avec lesquelles il jongle prennent vite un poids trop lourd pour que l’exercice garde son aspect aérien. Lionel Cecilio en dit trop, épaissit trop son texte, n’ayant pas encore totalement trouvé son propre langage.

Voyage dans les mémoires d’un fou de et avec Lionel Cecilio, lumières de Johanna Dilolo, musiques de Lucien Pesnot, chorégraphie de Sylviane Bauer-Motti.

L’Archipel, 19 h du jeudi au samedi, tél. : 01 73 54 79 79, jusqu’au 29 avril. (Durée : 1 h 25).

Photo Hugues Marcouyo.

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