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Critiques / Théâtre

Vivre d’Hugo Paviot

par Gilles Costaz

Le visage d’une fillette kamikaze

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Ecrivain intrépide, Hugo Paviot n’a pas craint d’écrire un ensemble de trois pièces, La Trilogie d’Alexandre, dont le dernier chapitre, Vivre, vient d’être mis en scène par l’auteur lui-même. Les trois parties ont le même personnage central, mais se passent dans des mondes assez différents. Dans le premier texte, Les Culs de plomb, Alexandre devient autiste à l’âge adulte ! Et il se passionne pour une planète. Dans le deuxième opus, La Mante, le même Alexandre est devenu un peintre célèbre, déchiré entre deux hantises : son modèle qui est sa partenaire amoureuse, sa mère qui l’a abandonné quand il était enfant. Enfin, dans ce dernier récit, le héros a créé une fondation qui secourt les enfants victimes de guerres. Dans un pays non nommé du Moyen-Orient, il se rend à une réunion de l’Ambassade ce France. Pendant la cérémonie, un attentat-suicide a lieu. Alexandre en réchappe, après avoir vu le visage du kamikaze : un jeune garçon. Marqué par le visage de la fillette qui accompagnait le tueur et a tenté de participer à l’attentat, il parcourt le pays à sa recherche…
L’œuvre fait sans doute trop peu entendre la voix de ceux qui ne pensent pas comme nous. Mais, dans une très belle langue, elle suit le cheminement d’une pensée noble et altruiste confrontée à l’inhumain et à l’inexplicable. On ne lâche pas ce texte passionnant qui, en scène, bénéficie d’une interprétation remarquable. David Arribe est un acteur tout à fait exceptionnel. Ici, il porte haut et fort ce monologue, dans une folle déchirure où l’émotion ne vient pas du pathétique mais d’une espérance souffrante. Vivre jette une forte lumière d’écrivain humaniste sur nos temps inhumains.

Vivre d’Hugo Paviot, mise en scène de l’auteur, lumières de Caroline Nguyen, musique et son de Christine Zef Moreau, avec David Arribe.

Présence Pasteur, Avignon, 12 h 30, tél. : 04 32 74 18 54, jusqu’au 30 juillet (relâche les 20 et 27). (Durée : 1 h 15). La Trilogie d’Alexandre, préface de Dominique Burucoa, Les Piqueurs de Glingue, 290 pages, 12 euros.

Photo Xavier Cantat.

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