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Vincent Coq, 30 ans de conquêtes avec le Trio Wanderer

par Olivier Olgan

Au fil d’une amitié créative exemplaire, le Trio Wanderer poursuit une aventure musicale rayonnante.

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Il le reconnait bien volontiers, l’aventure musicale et humaine du Trio Wanderer débutée il y a plus de 30 ans s’est faite un peu par hasard. Vincent Coq le pianiste et ses compères Raphael Pidoux au violoncelle et Guillaume Sutre au violon se connaissaient peu avant de participer à une master-class. A la fin du stage sans volonté de construire quoi que ce soit, ils choisissent tout de même de s’engager ensemble dans un 3éme cycle de musique de chambre.

Leur victoire au Concours de Munich en 1988 déclenche une démarche professionnelle qui s’est renforcée avec le temps. Rejoignant le Quatuor Ysaye après 7 ans de beaux services, Guillaume Sutre est remplacé par Jean-Marc Phillips-Varjabedian.

Ce qui frappe dans les échanges avec Vincent Coq, c’est la modestie qui habite cette formation qui s’est imposée comme la formation de chambre française de référence,avec des lectures du répertoire très engagées et des créations très éclectiques sans esprit de chapelle (de Escaich à Martinu, de Coplan à Pierné).

Après une fertile tournée anniversaire aux quatre coins de France et d’Europe, l’année 2017 s’achève avec un concert prestige au Théâtre des Champs Elysées, dimanche 3 décembre. « 30 ans le bel âge » comme l’écrit Olivier Bellamy dans son livre biographique paru cette année. Le Wanderer méritait cet hommage car dés 2018 ils reprendront leurs pérégrinations musicales sans esbrouffe mais toujours en profondeur.


WT. Votre rencontre par hasard, légende urbaine ou magie des affinités électives ?

- Pour notre génération, il y avait peu de trio français voir internationaux en dehors du Beaux-Arts, du Fontenay,… Ce sont les quatuors qui tenaient le haut de l’affiche. Nous avons eu de la chance (que nous avons su provoquer) de nous appuyer dès le départ sur de solides fidélités qui nous ont permis de tenir dans la durée : un impresario Michel Klotz et une maison de disque Harmonia Mundi qui ont cru en nous dès le départ. Cette chance là est plus difficile pour les formations d’aujourd’hui même si elles peuvent disposer plus facilement de bourse.

WT. Quels sont les secrets de votre longévité ?

Le Trio demande un équilibre entre trois personnalités qui jouent ensemble. Une ‘Sainte Trinité’ où les individualités distinctes, égales et consubstantielles s’unissent dans un tout. A la différence du Quatuor, d’un point de vue égotiste, chacun a une expérience à part entière, et peut mener une vie musicale à côté de l’ensemble.
Nous n’avons jamais eu de projet à très long terme. Nous continuons à explorer les répertoires nouveaux et anciens qui s’offrent à nous, reprendre des choses, poursuivre une présence en concert, et ne pas oublier la transmission. Demain prépare demain. On n’a pas de projet sauf de jouer. Pour citer un grand maître Léon Fisher disait que le plus important, c’est l’expérience musicale et humaine.
On ne se voit que pour les concerts. Ce qui tue un groupe c’est la routine. Bien sûr, cela dépend des œuvres. Certains répertoires notamment contemporains demandent plus d’investissements.

WT. Quel conseil pour une formation du XXI ème siècle ?

Il n’a pas de recette ! Il faut faire son chemin sans chercher à regarder dans l’assiette des autres.
Nous avons été formés dans la même déontologie, celle de se mettre au service de la musique et des compositeurs, et non se servir de la musique. Il est détestable de chercher à plaire.


WT. Si vous avez toujours été libres de construire votre vaste discographie, largement récompensée - vous avez encore obtenu le Diapason d’or de l’année 2017 dans la catégorie Musique de chambre pour votre enregistrement des Trios op 65&90 de Dvorak, Comment voyez-vous l’évolution des programmateurs ?

L’enjeu de remplir la salle a de plus en plus d’impact sur les programmes qu’on nous demande : questions financières bien sûr, de compte à rendre aux mécènes… Cela reste toujours un handicap pour certains compositeurs. Paradoxalement, il est plus difficile d’écouter Mozart ou Haydn que Chostakovitch. Tout le monde notamment les jeunes peut comprendre ce dernier, tant les émotions qu’il exprime sont immédiatement accessibles. A la fois plus visuels voir cinématographiques. Alors que les premiers exigent plus de références culturelles et musicales.
Les programmateurs ne devraient pas oublier qu’il y a des publics plus doués que d’autres. Du silence et de l’attention le public doit toujours faire un effort.

TRIO WANDERER
Dimanche 3 décembre 2017 – 11h00 – Théâtre des Champs-Elysées – Paris
DVORAK : Trio pour piano et cordes n° 4, Dumky, en mi mineur, opus 90, B 166, SCHUBERT : Trio n°1 pour piano, violon et violoncelle en si bémol majeur opus 99, D. 898
Renseignements-réservations : (+33) 01 42 56 90 10 - www.jeanine-roze-production.fr/
Tarifs : 30,00 € - 15,00 €

A lire : Olivier Bellamy. Trio Wanderer 30 ans le bel âge. Art3, 2017

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