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Critiques / Théâtre

Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac

par Gilles Costaz

Emois adolescents et lutte des classes

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Au départ, c’est un roman écrit à la première personne. Mais l’auteur, Ivan Calbérac, a le théâtre dans la plume. N’est-il pas l’auteur de l’épatant L’Etudiante et M. Henri et de nombreux dialogues de films ? Aussi l’adaptation scénique de ce roman était fort tentante. A présent, elle est faite et se joue avec succès aux Béliers parisiens. L’auteur a lui-même établi le texte et fait la mise en scène, en s’appuyant sur un jeune comédien encore peu connu mais bien engagé sur la pente ascendante, Thomas Solivérès.
C’est une très jolie histoire. Un grand adolescent, Emile,
habite Montargis, dans une famille de condition modeste. Le père est un commercial de petit niveau (si l’on ose dire, c’est un père de famille courageux, bien sûr). Emile n’a pas honte de sa famille jusqu’au jour où la jeune fille qui lui plaît et dont il ose à peine approcher lui propose de venir la voir l’été à Venise. Au bord de la lagune, elle va participer comme chanteuse à un concert avec son père, qui est chef d’orchestre. Emile en parle à sa famille. Le père saute sur l’occasion : ils vont tous aller à Venise. A ce moment-là, le garçon ressent la gêne des petites gens. La voiture du père est une vieille caisse, personne autour de lui n’a de l’allure, du savoir-vivre. La famille d’en face, celle des musiciens, a tout pour elle : l’argent, l’art et la classe. C’est le monde du T-shirt contre celui des queues de pie. Les émois adolescents font face à la lutte des classes. Comment arriver seul à ce concert à la Fenice, dissimuler ses parents et plaire à la jeune chanteuse ? Ce sera toute une épopée.
Le texte de Caldérac multiplie les éléments drolatiques, à coups d’incidents très savoureux, avec, au fond, un tableau affectueux de la France profonde. C’est aussi un portrait de la jeunesse fait avec beaucoup de tendresse. Sur la scène, il n’y a presque aucun élément (sauf au moment de la surprise finale). Tout repose sur la mobilité de l’interprète dont le visage, les gestes et les déplacements traduisent autant les événements en cours que les émotions. Thomas Solivérès est un comédien étonnant, à la fantaisie emballante. Que de grâce et de charme !

Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac, mis en scène par l’auteur, scénographie de Camille Ansquer, costume de Caroline Gichuki, lumière d’Aban Sauvé, avec Thomas Solivérès.

Théâtre des Béliers parisiens, 19 h (sauf dimanche 15 h 30). Texte aux éditions Flammarion. (Durée : 1 h 30).

Photo DR.

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