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Critiques / Théâtre

Une vie bouleversée d’Etty Hillesum

par Gilles Costaz

Une actrice dans un mur d’images

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Le livre d’Etty Hillesum, Une vie bouleversée, a connu un très grand rayonnement et a fait l’objet de nombreuses adaptations au théâtre. On sait que le livre est composé des textes que cette jeune femme hollandaise écrivit sur des carnets avant sa déportation et pendant son internement dans les camps nazis : elle mourut à Auschwitz en 1943. Cette femme qui aimait la vie, les hommes, l’amour, Dieu, a laissé des récits et des pensées d’autant plus bouleversants qu’ils restent des messages d’espoir.
Le spectacle de Roxane Borgna ne ressemble à aucun autre car il fuit les codes du solo traditionnel (qui n’est pas une forme négligeable et permet de très beaux spectacles). Il se définit comme du « théâtre performance » et rejoint le slam et le concert de rock par son côté martelée, haché, précipité. Un compteur se met en marche à la première seconde et l’actrice lutte contre le temps, enveloppée d’une image vidéo toujours changeante qui malaxe des portraits de femmes prises dans le public, des documents d’histoire et des éruptions de couleurs. Le travail visuel de Laurent Rojol, qui crée un décor virtuel toujours changeant, est remarquable : le vidéaste devient le partenaire secret de la comédienne. Roxane Borgna est tout à fait flamboyante : elle est à la fois athlétique et fragile, violente et délicate. D’une colère tendre, d’une passion sans âpreté, l’interprète fait palpiter la beauté de la vie et du théâtre à l’intérieur d’un spectacle que Jean-Claude Fall a fort bien réglé comme un piège où la tragédie d’un être hors du commun soulève l’amour de notre communauté humaine. C’est de la boxe spirituelle, peut-être, quelque chose qui cogne et rend l’esprit plus doux.

Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, conception et interprétation de Roxane Borgna, mise en scène de Jean-Claude Fall, création vidéo de Laurent Rojol, chorégraphie de Mitia Fedotenko, création sonore d’Eric Gueno, avec la collaboration de Serge Monségu, photographies de Marie Rameau.

Présence Pasteur, Avignon, 17h45(Durée : 1 h).

Photo Marc Ginot.

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