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Critiques / Théâtre

Un train dans la tête d’Alberto Lombardo

par Gilles Costaz

Confidences dans une cage d’escalier

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Denise est bloquée dans la cage de l’escalier : un lieu de passage, où elle a croisé pas mal d’hommes et fantasmé sur l’un d’eux – un peu indifférent mais prêt à l’aventure, pourtant. Là, elle rêve, elle parle, elle brasse sa vie, ses histoires, ses désirs, ses fantasmes. Son langage est parfois cru. Elle aime le sexe, ses partenaires aussi. Mais, si elle aime aller là où « la liberté n’est rien si elle n’est celle de vivre au bord des limites où toute compréhension se décompose » selon Georges Bataille auquel l’auteur se réfère, il y a aussi de la dépendance, de la domination dans certaines relations sensuelles. C’est vers l’indépendance qu’elle se dirige, au terme de ce monologue étrangement trivial et méditatif.

Le spectacle est « underground ». Rien qu’un mur comme décor. En imper et en robe rouges, l’actrice, Véronique Rodier, semble sortir d’un film de Fassbinder et se bat avec une belle énergie avec ces mots qui tanguent, cette réalité qui fuit, ces fantasmes qui respirent à la fois le plaisir et l’oppression. La mise en scène de Monsieur Maill.et (dont, dit le dossier de presse, « les shows musicaux l’ont rendu célèbre dans tous les bars mal famés de la capitale ! »), amplifie l’atmosphère souterraine et violente des entrailles d’une grande ville. Un moment troublant, très bien mené de son écriture à son incarnation.

Un train dans la tête d’Alberto Lombardo, mise en scène de Monsieur Maill.et, avec Véronique Rodier. Essaïon, tél. : 01 42 78 46 42, les lundi et mardi, 20 h, jusqu’au 30 octobre. (Durée : 1 h).

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