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Critiques / Théâtre

TriumVirus conçu et réalisé par Nina Villanova

par Dominique Darzacq

Un brouillon très prometteur

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En créant en 1997, il y a tout juste vingt ans, le Théâtre Studio d’Alfortville , Christian Benedetti ne se contentait pas de créer un outil à sa main, l’objectif dont il n’a jamais dérogé était d’ancrer en banlieue un espace qui soit à la fois laboratoire et fabrique, où l’on parle du monde, « un lieu de collisions signifiantes », en même temps que terre de partage et de découverte.
En ce début de saison, c’est avec la jeune création qu’il partage ses tréteaux. Notamment avec Nina Villanova, aujourd’hui artiste associée au Théâtre Studio où elle signe comme on dégoupille, TriumVirus une âpre partition autour de nos impuissances contemporaines.

Sortie de l’ERAC (Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes) où elle a eu notamment pour professeurs Célie Pauthe, Valérie Dréville, Richard Sammut, Julien Gosselin, Nina Villanova mettra en scène « Le Horla » d’après Guy de Maupassant et « L’Attrape-cœur » de J.D Salinger avant de créer sa compagnie Point de fuite.
Fruit d’une écriture « sur le plateau », le spectacle qui se veut l’exploration d’un théâtre hautement politique apte à dire « notre époque et sa nécessaire transgression » prend comme terrain d’analyse la crise grecque ou plutôt sa dette et le remède de cheval imposé par l’Europe. Loin de l’idée d’un théâtre documentaire, Anna Villanova accroche son spectacle à une métaphore médicale et mêle, autour d’improvisations, divers éléments, La Colonie pénitencière de Kafka, Knock de Jules Romain en passant par Molière, Victor Hugo, textes théoriques et déclarations politiques.

Tout commence par une course dont on ne sait pas s’il s’agit d’un jeu de cache-cache ou de la fuite effarée d’un lapin devant une meute, tout se poursuit comme en état d’urgence de manière chorale et débridée dans un espace scénique qui relève du coin cuisine délabré, du plateau de cinéma, du bloc opératoire et du champ de ruines sous lesquelles, pour finir, Alice, dans l’envers du Pays des merveilles se blottit peut-être pour échapper à de nouvelles médications, à moins qu’elle ne soit déjà moribonde.
Joué par quatre comédiennes agiles à changer de rôle et d’humeur, plus soucieuses du mouvement que de la parole à faire entendre, le spectacle file en scènes de factures disparates et franchement foutraques pour certaines. Un tohu- bohu scénique d’où fusent par brefs éclats de saisissants moments de comique ou de douleur. « C’est beau mais je n’arrive pas à déchiffrer » dit un des personnages. Comme lui, on peine à suivre les intentions de Nina Villanova qui parfois nous égare sur des pistes sans issue. Le trop plein de signes parasite la violence du propos. Il suffirait sans doute d’un petit élagage et de quelques ajustements de diction pour que le spectacle tienne toutes ses promesses.

TriumVirus conception et réalisation Nina Villanova. Avec : Marine Behar, Julie Cardile, Zoé Houtin, Ninna Villanova durée 1h45

Théâtre-Studio d’Alforville 20h 30 jusqu’au 18 novembre tel 01 43 76 86 56

Photos ©Simon Gosselin

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