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Traviata’s Company

par Caroline Alexander

Quand Verdi est conjugué au Futur Composé, sa Traviata devient un centre de rencontre qui bouleverse les codes et les émotions

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C’est le plus improbable spectacle musical vu à Paris – et ailleurs – depuis des temps indéfinis. La Traviata de Verdi métamorphosée en comédie musicale d’un troisième type, d’un ailleurs théâtral qui malaxe les gens et les genres, les professionnels de la scène et les amateurs atteints d’handicap comme l’autisme.

Le Théâtre des Variétés à Paris, ravissante salle à l’italienne généralement vouée au répertoire de divertissement dit de « boulevard », vient d’accueillir cette très singulière et très émouvante performance. Jean-Manuel Bajen son directeur est également à la tête d’une Fondation qui porte son nom, association dont le but est de mettre le théâtre – et ses dérivés - à la portée de ceux qui généralement en sont privés. Dans la salle comme sur scène.

Il est donc coproducteur de cette Traviata’s Company, titre décalé de l’opéra de Verdi sur lequel le psychiatre Gilles Roland-Manuel a opéré un découpage en raffinement scénique et humain. La Dame aux camélias y retrouve les grands airs, les duos et les chœurs que Verdi lui a consacrés, mais sa conception l’orne de reliefs inattendus. Ses héros sont dédoublés : Violetta, Alfredo et Germont (par trois jeunes professionnels de beau niveau, Charlotte Despaux, soprano, le ténor Marc Larcher et Anas Seguin, baryton) jouent et chantent les moments clés vécus par leurs personnages tandis que trois jeunes danseurs jouent leurs ombres en un ballet à la fois dissocié et fondu dans leur histoire (Zoé Bleher, Antoine Arbeit, Gregory Cianci n’ont pas 20 ans d’âge et font voltiger Verdi en grâce).


Avec les musiciens de l’Ensemble Calliopée (pour lequel le pianiste Stéphane Leach a agencé une subtile orchestration), ils constituent les soutiens indispensables à l’essentiel de ce spectacle hors norme. L’essentiel c’est-à-dire la soixantaine de jeunes handicapés ou non, autistes mais pas toujours, apprentis comédiens et chanteurs issus de sept différentes institutions spécialisées, rassemblés par l’association Futur Composé . La mezzo -soprano Catherine Boni dirige leur chœur avec une patiente et souriante énergie, Johanna Boyé leur a croqué une mise en scène efficace et imaginative dans des décors et costumes alliant simplicité et poésie.


C’est un véritable Festival que ce Futur Composé organise depuis neuf ans quand pointent les beaux jours du printemps. Après un Bal des Chimères dans les salons de l’Hôtel de Ville et Palette en Tête, une exposition sur les cimaises de la mairie du XIIIème arrondissement, cette très insolite Traviata’s Company a enthousiasmé les salles combles d’un public composite et profondément ému.

Verdi l’humaniste fut bien servi

Le festival Futur Composé s’achèvera par une pièce de théâtre – La Jeune Femme à la Licorne – le 14 juin à 14h30 & 20h30 au Carreau du Temple et, en clôture, par deux concerts - Les Harry’s et Les Pacha’s – les 29 et 30 juin au théâtre Le Monfort.

Photos AVE Photograff

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