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Critiques / Théâtre

Transmission de Bill C. Davis

par Gilles Costaz

Duel au sein de l’Eglise

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Quelque part aux Etats-Unis, un prêtre âgé, douillettement installé dans sa paroisse, amateur de petites doses de whisky (à la fin de la journée, la dose aura été forte ! ), voit arriver un jeune séminariste qui ne pratiquement les mêmes accommodements avec le Ciel. Ce jeune homme considère que les femmes, si nombreuses dans la vie de Jésus, devraient avoir leur rôle dans l’Eglise et que la pratique de la foi ne doit pas laisser sous silence la réalité des sexualités. Le vieux prélat cherche à endiguer les propos enflammés du chien fou venu partager la responsabilité des messes et des sermons, le temps d’une formation à la prêtrise. Le nouveau venu choque puis, peu à peu, transforme l’ecclésiastique bousculé dans ses convictions routinières. Mais la hiérarchie n’aime pas les apôtres qui aiment Dieu avec passion et non dans le respect endormi du dogme...
Ce résumé peut réveiller quelques souvenirs à un certain nombre de spectateurs. La pièce, musclée, carrée et plutôt salvatrice de Bill. C. Davis a été créée en France en 1996 dans une traduction et une interprétation de Jean Piat, sous le titre L’Affrontement. Elle a été reprise, dans le même texte, par Francis Huster et Davy Sardou, en 2013. A présent, ce n’est plus la même version. Curieusement c’est l’acteur Davy Sardou qui a établi une nouvelle traduction (qu’il ne joue pas !) sous le nouveau titre de Transmission. Le texte semble ainsi plus corrosif, plus direct, plus sexuel. Le metteur en scène Steve Suissa le monte selon deux respirations : à l’avant-scène pour les quelques séquences qui se passent à l’église (ou à l’écart du lieu central), dans un décor d’appartement-bibliothèque en léger retrait. Cela donne habilement une impression de gros plan et de plan lointain.
Francis Huster incarne le prêtre au long cours. Il démarre trop nerveusement, donne l’impression de ne pas contrôler une vitesse adoptée pour accentuer les aspects comiques de son personnage. Peu à peu, son jeu s’humanise et se double d’une plaisante gestuelle d’ivrogne. Valentin de Carbonnières, qui fut, pour beaucoup, une découverte la saison dernière dans Sept Morts sur ordonnance (d’ailleurs Molière de la révélation masculine 2019, dans ce même théâtre), est un animal de la scène. Il alterne la force fauve et le repli de l’être blessé. Il est remarquable. Le spectacle, d’une tonalité très classique, pourrait être plus travaillé dans l’évolution du face à face entre les deux personnages mais c’est du bon catch sur un débat fort.

Transmission de Bill C. Davis, traduction de Davy Sardou mise en scène de Steve Suissa, assistanat de Manon Elezaar, Décor d’Emmanuelle Favre, lumières de Jacques Rouveyrollis et Jessica Duclos, costumes de Cécile Magnan, avec Francis Huster et Valentin de Carbonnières. Texte à L’Avant-Scène Théâtre.

Théâtre Hébertot, 21 h, tél. : 01 43 87 23 23. (Durée : 1 h 35).

Photo Laurencine Lot.

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