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Critiques / Théâtre

Théâtre sans animaux de Jean-Michel Ribes

par Gilles Costaz

Un monde en folie

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Pour ceux qui avaient vu la première mise en scène de Théâtre sans animaux, le souvenir était particulièrement joyeux. Ribes, déjà, mettait en scène son propre texte, au théâtre Tristan Bernard – c’était en 2002 -, et cette série de huit mini-pièces éclatait parmi des rires continus. Le temps a passé mais les scènes restent aussi folles et délicieusement absurdes. Un homme n’arrive pas à se souvenir du prénom de sa fille, qui vit avec lui depuis dix-huit ans. Un couple ne sait pas ce qu’il faut dire à l’actrice qui vient de jouer un Racine devant eux et qui ne les a pas convaincus. Une famille découvre dans son salon un stylo-bille de trois mètres cinquante de haut. Dans un musée, des visiteurs se demandent pourquoi les artistes ont renoncé à peindre des carpes. Et ainsi de suite, que l’action se passe chez un coiffeur ou dans un salon bourgeois.

Pourtant, on rit moins – un peu moins – au Rond-Point. Jean-Michel Ribes a fait une autre mise en scène, qui s’appuie sur une distribution partiellement renouvelée. Il a subtilement dirigé les acteurs, d’un humour impassible, mais il n’a pas complètement résolu le problème de leur adéquation à un si grand espace. Il a créé un contexte, la ville, avec une série de maisons qui apparaissent comme des découpages de carton, mais cela paraît trop enfantin. Il eût fallu une ville plus agitée, ou menaçante, ou vertigineuse – sentiments que les images vidéo ne parviennent pas à imposer.

Grâce aux comédiens, tous les textes font mouche. Annie Gregorio est d’une formidable autorité dans l’affirmation de vérités énormes. Philippe Magnan associe remarquablement la candeur et l’élucubration. Caroline Arrouas est une nouvelle venue dans cet univers : elle l’aborde avec une belle énergie. Christian Pereira déploie une hilarante autorité dans la fréquentation tranquille d’un monde en folie. Marcel Philippot se rapproche du tragique pour mieux dégager le comique. La soirée tient ses promesses – un haut moment d’absurde - , sans les dépasser.

Théâtre sans animaux, texte et mise en scène de Jean-Michel Ribes, scénographie d’Audrey Vuong, costumes de Juliette Chanaud, musique de Reinhardt Wagner, lumières de Laurent Béal, vidéo Thierry Coduys et Johan Lescure, chorégraphie de Pierre Rigal, assistante à la mise en scène Virginie Ferrere, assistant à la scénographie Simon Stehlé, avec Caroline Arrouas, Annie Gregorio, Philippe Magnan, Christian Pereira, Marcel Philippot. Théâtre du Rond-Point, tél. : 01 44 95 98 21, jusqu’au 23 mars. Puis à Nice (27-30 mars), Montpellier (2-6 avril), Angoulême (9-11 avril), Romans (14 avril), Blagnac (17-20 avril), Elancourt (27 avril). (Durée : 1 h 40).

Photo Giovanni Cittadini Cesi

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