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Théâtre 13 : la fête de la réouverture

par Gilles Costaz

Entretien avec la directrice, Colette Nucci

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Le 21 février, Anne Hidalgo, maire de Paris, a présidé à la réouverture du Théâtre 13/Jardin. Le public est invité le week-end suivant à des journées Portes ouvertes, avec une série de spectacles et d’animations. Puis, à partir du 9 mars, le théâtre 13/Jardin entamera totalement sa nouvelle vie avec une nouvelle pièce d’Alexis Michalik, Intra muros, mise en scène par lui-même.
Entretien avec la directrice, Colette Nucci, autour de l’histoire et de l’avenir du théâtre 13, qui a la particularité de disposer de deux salles distantes d’un kilomètre : le 13/Seine, rue du Chevaleret et 13/Jardin, sur le jardin du boulevard Auguste Blanqui, la salle historique qui renaît après deux ans de travaux.
Webtheatre : Vous n’étiez pas prédisposée à devenir directrice d’un théâtre. Vous étiez comédienne et directrice de compagnie...
Colette Nucci. Je suis comédienne. Je joue peu maintenant, mais je suis issue du Conservatoire national. J’ai dirigé une compagnie et un petit théâtre à Bougival, dans les Yvelines : la compagnie de l’Allidade et le Grenier de Bougival. On m’a confié le théâtre 13 en 1999. La salle dépendait alors de la Direction de la Jeunesse et des sports de la Ville de Paris. Elle est passée ensuite à la Direction des Affaires culturelles de la Ville.
En fait, le théâtre 13 n’était pas, à l’origine, un vrai théâtre mais un lieu d’animation.
Ouvert en 1981, c’était un lieu conçu selon le principe des Maisons des jeunes et de la culture, un centre d’animation comme l’est, par exemple, le centre Jonquière. Mais Jacques Toubon a voulu en faire un théâtre d’arrondissement. Cette salle, c’est sa création. Il y a eu des conseillers artistiques : Jacques Baillon, Saskia Cohen-Tanuggi, Patrick Gufflet, Jean-Luc Jenner... Quand je suis arrivée, le lieu était géré par Flavienne Martin. A partir de là, nous avons changé de statut. Et j’en suis la première directrice.
Quelle politique avez-vous mise en place en arrivant ?
J’ai tout de suite décidé d’en faire un lieu de vie, mais je ne savais pas tout à fait ce que j’allais faire. Le spectacle présenté alors était Les Femmes savantes qu’a monté Béatrice Agenin, une amie du temps où j’étais au Conservatoire, et qui était un petit miracle. J’ai pris le parti d’aller voir des spectacles ici et là pour programmer plus tard ce qui ml’intéressait. Au Lavoir moderne, j’ai vu Le Baladin du monde occidental de Synge mis en scène par Guy-Pierre Couleau. J’ai été enthousiasmée. J’ai laissé un message à Couleau : peut-on reprendre votre spectacle ? Ce fut un moment marquant pour lui comme pour moi. A partir de la programmation du Baladin, la politique était définie. Un axe double : des spectacles de troupe et des découvertes. Ici, les distributions doivent comporter au moins six acteurs et la priorité est donnée aux jeunes. Je continue à aller assister à beaucoup de spectacles dans les petits lieux, je retiens ce que j’aime. J’étudie le courrier et les e-mails, je réponds à tous ceux qui font des propositions correspondant à notre politique. Je ne réponds pas à ceux qui nous écrivent sans rien savoir du Théâtre 13 et vous envoient un dossier de one man show !
Curieusement, vous avez deux salles qui sont toutes les deux dans le même arrondissement mais éloignées l’une de l’autre.
En 2011, des travaux ont été décidés et la Ville nous a confié, pour nous replier, une nouvelle salle, rue du Chevaleret, qui avait été construite pour remplacer le Théâtre du Lierre et qu’elle n’attribuait plus à Farid Paya (le ministère avait cesser de le subventionner). J’ai pris cette nouvelle salle, qu’on a baptisée Théâtre 13/Seine, mais les travaux ont été retardés au Théâtre 13/Jardin. Donc nous avons fait vivre les deux salles en même temps, jusqu’à ce que les travaux prévus en 2011 commencent en 2014. Notre entente étant très bonne avec la Ville et la mairie du XIII arrondissement, cela a été possible. En même temps, cela arrange tout le monde : deux théâtres dirigés par une seule équipe, cela coûte moins cher.
Avec la réouverture, la particularité de chaque salle est-elle redéfinie ?
Oui. Au théâtre 13/Jardin, ce sera des séries longues avec des auteurs connus, identifiés. Alexis Michalik vient avec une nouvelle pièce, là où il a créé Le Porteur d’histoire. Ensuite,ce seront des pièces de Feydeau, Marcel Aymé, Flaubert, Shepard, Paravidino, sur cinq ou six semaines. Au Théâtre 13/Seine, ce sont des séries courtes avec des auteurs en devenir. Babacar de Sidney Ali Mehelleb a bien marché. On va faire confiance aux metteurs en scène Patrice Douchet et Eric Cénat qui vont venir respectivement avec Venezuela et Opération Roméo.
Le prix 13 continue ?
Bien sûr. Il en est à sa onzième année. Les lauréats jouent la saison suivante. C’est très important pour les jeunes compagnies.
La Ville de Paris ferme certains théâtres d’arrondissement et vous, vous avez vos deux salles, dont l’une rénovée. Quel est votre secret ?
Simplement, on s’entend bien. On travaille en confiance avec Bruno Julliard à la Ville de Paris et avec le maire du XIIIe, Jérôme Coumet.
Vous reverra-on jouer sur l’une de vos deux scènes ?
Oui, je serai la saison prochaine dans L’Education sentimentale adaptée de Flaubert par Sophie Lecarpentier.
Ce nouveau Théâtre 13/Jardin est-il différent du précédent théâtre 13 ?
Non. Tout a été conservé, notamment cette scène originale qui avance vers le public. Mais on est passé des fauteuils orange aux fauteuils gris. Je suis très redevable au travail de l’architecte Eric Pannetier et au responsable technique de la Ville, Foulamaro Doumbouya.

Les journées portes ouvertes :
Samedi 25 février de 13h30 à 19h

Visites continues du théâtre entre les représentations

13h30 Ouverture des portes


14h 
Du bouc à l’espace vide, Compagnie Eulalie (1h15 – à partir de 10 ans)
de Julien Saada – mise en scène Sophie Lecarpentier, une fausse conférence illustrée sur l’histoire du théâtre occidental.


16h 
Sans les mains et en danseuse 
(1h10 – à partir de 12 ans)
par Pepito Matéo.


18h 
Les Trois mousquetaires : la série (saison 3 / Épisode 7) -
Collectif 49701 (45 minutes – à partir de 12 ans).
Dimanche 26 février de 13h30 à 19h

Visites continues du théâtre entre les représentations


13h30 Ouverture des portes


14h 
Chat Noir ! Cabaret des poètes et des gueux (version concert) Compagnie du Grand Théâtre (1h – à partir de 12 ans) 
texte et mise en scène Étienne Luneau
. Le spectacle plonge dans Le Cabaret du Chat Noir, haut lieu de la bohème montmartroise de la fin du 19ème siècle.

16h
 Orchestre de chambre de Paris Salad 
(1h - à partir de 8 ans). 
L’association de compositeurs classiques, de jazz, de blues, de musique contemporaine, de chanson française ou anglaise et de musique de films.


18h 
Bébé barbu ou les nouvelles aventures de Jean-Claude Barbès, le Grand Colossal théâtre (30 minutes – à partir de 16 ans)
texte et mise en scène Alexandre Markoff, 
un Gargantua des temps modernes.

Théâtre 13/Jardin 103 A, boulevard Auguste Blanqui 75013 Paris, tél. : 01 45 88 62 22. Réouverture définitive avec Intra Muros d’Alexis Michalik, du 9 mars au 16 avril.

Photo Bruno Perroud.

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