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Critiques / Théâtre

The Crossing de Dominique Chryssoulis

par Gilles Costaz

Attente d’un migrant sur un rivage grec

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Peu de pièces sur les migrants nous arrivent, alors qu’il s’en écrit par centaines de par le monde. A part Migraaaants ! de Matei Visniec, qui n’a pas bougé du Chêne noir d’Avignon, mis en scène par Gérard Gélas, rien n’arrive. Si, The Crossing ! Une pièce de la Française Dominique Chryssoulis, qui nous est donnée … en anglais. Son titre original, La Mer qu’on voit danser, a disparu. Mais son esprit est bien restitué par la mise en scène de Tonya Tappe.
Une touriste anglaise vient passer quelques semaines sur une île grecque. Elle s’installe dans un village élevé : on commence à prendre de la hauteur pour ne pas être trop près de ces inconnus qui débarquent. Elle sympathise avec sa logeuse, puis avec une réfugiée qui attend son frère lors d’un prochain accostage de bateaux. Les bateaux arrivent, les pêcheurs vont au secours des arrivants. Mais le frère n’est pas là…
Dominique Chryssoulis est arrivée à la simplicité la plus pure : il n’y a que trois femmes en scène, et une seule migrante. Pourtant, le monde entier est là, auquel on dit qu’il est non pas coupable, mais responsable, mais partie prenante de la tragédie, comme tous ces personnages qui restent dans la bonne conscience mais n’ont peut-être pas eu le geste, l’idée qui changerait tout. C’est en ce sens que la pièce de Dominique Chryssoulis est très forte. Elle n’accuse personne, mais elle montre que la fatalité n’a pas les yeux aveugles comme ceux d’Homère et que nous sommes tous, avec nos yeux fermés ou nos regards dérobés, des auteurs de tragédies. La mise en scène de Tonya Tappe est simple comme bonjour. Le jeu des trois actrices, Mia Leahy, Juliette Togashi, Tonya Trappe, aussi. C’est représenté comme en passant, comme dans la rue à côté de nous. Et c’est bouleversant.

The Crossing de Dominique Chryssoulis, mise en scène de Tonya Trappe, lumière de Maureen Beguin, avec Mia Leahy, Juliette Togashi, Tonya Trappe.

Théâtre de l’Opprimé, tél : 01 43 40 44 44, jusqu’au 11 février. Texte aux éditions le Jardin d’essai.

Photo DR.

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