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Critiques / Danse

Suresnes Cités Danse

par Yves Bourgade

Un festival dont les éditions se suivent et ne se ressemblent pas

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Depuis un bon quart de siècle en France, la danse hip hop ou danse de rue, née du courant musical hip hop qui puise ses racines aux Etats-Unis, a pignon sur rue. Le festival organisé par le Théâtre Jean Vilar de Suresne « Suresnes Cités danse » en témoigne avec sa 26ème édition jusqu’au 11 février 2018.
L’apparition des danseurs de hip hop apporta, du moins en France, un vent de fraicheur dans l’univers de la danse contemporaine marquée par une abstraction dont les limites se faisaient sentir.
Les premiers spectacles de danse hip hop enthousiasmèrent, mais rapidement on sentit la nécessité de chorégraphier les morceaux et les figures souvent inventées et improvisées par les danseurs qui ont besoin d’être canalisés.
Un danger cependant que le hip hop y perde , sinon son âme, en tous les cas sa spécificité comme c’est peut-être le cas avec le spectacle d’ouverture de « Suresnes Cités Danse » 2018 : la création d’une version du « (S)acre » d’Igor Stravinsky de David Drouard qui signe ce qu’il appelle « un concert chorégraphique végétal ».
Contrairement à la pièce d’origine, l’élue, tirée au sort, n’est pas sacrifiée. Les femmes vêtues de haillons, des sœurs, sont au nombre de dix, avec en complément trois musiciennes punk rock. Les éléments scéniques (des bouts de tissus et des mauvaises herbes) tiennent une grande place et ne laissent guère d’espace aux déplacements et gestes des danseuses. Dans l’ensemble le hip hop n’a qu’une place limitée, ce qui n’empêche pas cette communauté de femmes en lutte contre l’oppression, d’avoir une vraie présence.
Autre ballet affiché, en début de festival : le solo « Reflets » de François Lamargot », dénonciation par un jeu de miroirs de la propension actuelle à cultiver l’image de soi.
« Suresnes Cités Danse » 2018 présente en tout treize spectacles répartis sur vint quatre représentations, douze chorégraphes et huit créations.
Le danseur Amala Dianor interprète un solo « Man Rec » et signe « Une » un duo pour deux femmes, Jann Gallois travaille les interactions entre cinq danseurs. L’Américain Andrew Skeels crée « Finding Now » pour cinq danseurs sur des musiques baroques.
Commandes ont été passées à Ibrahim Sissoko, Julien Saint-Maximin, Sonia Duchesne. Farid Berki reviendra sur les succès du festival depuis sa création, signés notamment Blanca Li, Laura Scozzi et José Montalvo et une carte blanche été confiée à Mourad Merzouki.

Théâtre Jean Vilar de Suresnes, jusqu’au 11 février 2018. Tél. 01 46 97 98 10,place de 12€ à 28€

© Jean-Louis Fernandez

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