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Critiques / Théâtre

Soulèvement(s) de Marcel Bozonnet et Judith Ertel

par Gilles Costaz

L’esprit de révolte

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Ecrit au terme de longues recherches par Marcel Bozonnet et Judith Ertel, Soulèvement(s),dont le titre a été préféré aux termes de « révolution » ou « révolte » pour échapper à trop de connotations historiques, tourne autour de trois événements liés à la Révolution française. D’abord, l’insurrection de Saint-Domingue en 1791. Sur ce territoire, quelques blancs qui réduisaient toute la population en esclavage. Les noirs ont tout incendié. Puis, les émeutes du sucre à Paris en janvier en 1792. Elles concernèrent le faubourg Saint-Antoine. Là, les spéculateurs faisaient monter le prix du sucre en prétextant que c’était lié aux révoltes des Antilles, alors que les magasins étaient pleins. Les habitants du faubourg libérèrent le sucre ! Enfin, la manifestation des Parisiens à l’Assemblée nationale le 20 juin 1792 : les faubourgs Saint-Martin et Saint-Marcel envahirent le palais des Tuileries habité par Louis XVI. Bozonnet ajoute que le spectacle « fait remonter des faits, mais aussi des idées : que le premier droit est le droit à l’existence, quels sont les droits du peuple quand les représentants le trahissent... » Mais ces évocations sont contées librement. Des allusions aux révoltes modernes de Syrie et d’Egypte peuvent surgir à tout moment !
Tous ces textes sont passionnants. Le spectacle souffre cependant d’avoir été créé collectivement par les trois interprètes. Le principe du collectif peut donner d’excellents résultats ou chercher difficilement l’unité dans la diversité. Ici chaque acteur apporte sa personnalité : Valérie Dréville sa grande sensibilité, Marcel Bozonnet son intelligence du plateau et du groupe, Richard Dubelski son plaisir de passer de la diction à l’intervention musicale (ses percussions). Mais il manque une ligne de force qui emporterait la soirée dans son mouvement. Le merveilleux matériau de réflexion et d’archive réuni semble présenté prudemment, avec distance. Les comédiens circulent sur le plateau dans une errance étudiée, qui gagnerait à être plus nerveuse, plus emportée. Le spectacle devrait trouver son tempo et sa dynamique au fil des représentations.

Soulèvement(s) de Marcel Bozonnet et Judith Ertel, avec la collaboration de Sophie Wanich, création collective des trois acteurs, scénographie et costumes de Renato Bianchi, lumière de Nicolas Barraud, musique de Richard Dubelski, avec Marcel Bozonnet, Richard Dubelski, Valérie Dréville.

Maison des métallos, tél. : 01 47 00 25 20, jusqu’au 25 octobre, puis Cergy-Pontoise (L’Apostrophe, 27-28 novembre), Amiens les 1, 2 et 3 décembre, Limoges les 16, 17, 18 décembre. (Durée : 1 h 30).

Photo Pascal Gely.

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