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Sony Congo à l’affiche du Tarmac

par Dominique Darzacq

La chouette petite vie bien osée de Sony Labou Tansi

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Romancier, dramaturge, poète, brillant météore de la littérature africaine, « dont le verbe prend sa source à tous les vents », Sony Labou Tansi ( 1947-1995) est de ceux dont l’œuvre, au panthéon des jeunes auteurs africains d’aujourd’hui, rejoint celle d’un Aimé Césaire.

C’est avec « La Vie et demie » que le romancier, publié au Seuil, se révèle en 1979. Le dramaturge lui, réussira en 1985 une performance plutôt rare pour un auteur vivant de voir jouer trois de ses pièces, sur trois scènes parisiennes la même année : La Rue des mouches dans le cadre de l’UNESCO, La Parenthèse du sang à l’Espace Kiron et au Théâtre National de Chaillot, Je soussigné cardiaque dans une mise en scène de Gabriel Garran qui posait du même coup la première pierre du TILF (Théâtre International de Langue Française) et dont le Tarmac est le dynamique avatar.

Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si saisissant l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort, il rend hommage à Sony Labou Tansi - (du 11 au 14 février) - créateur fécond et pionnier qui, avec sa troupe congolaise Le Rocado Zulu Théâtre a exporté de Brazzaville à Paris, de New-York à Bruxelles, une langue aussi échevelée que subversive et dénonciatrice des injustices.

Nous la faire réentendre dans la vivacité de « ses mots qui grincent et dérangent », ou nous la faire découvrir, tel est le fil conducteur d’un spectacle tissé de divers éléments - extraits de l’œuvre, musiques, documents sonores et vidéos - à travers lesquels se dessine également La chouette petite vie bien osée Sony Labou Tansi.

A la manœuvre et en toute complicité, Hassan Kassi Kouyaté pour la mise en scène et pour le texte, l’auteur journaliste Bernard Magnier qui pour l’occasion a replongé dans l’œuvre non seulement d’un écrivain qu’il admire mais aussi d’un ami. « Enthousiasmé dès son premier roman par la truculence, l’insolence d’une écriture qui évitait soigneusement les chausse-trappes de l’exotisme, j’ai souhaité le rencontrer, d’échanges épistolaires en rencontres, est née une solide amitié »
Se défendant de faire œuvre dramaturgique, Bernard Magnier s’est fait avec bonheur le passeur d’une voix majeure de la littérature africaine, d’un insoumis pourfendeur des lâchetés, d’ « un artisan des mots qui se jouait de la grammaire, culbutait la syntaxe et restituait le chaos de la vie par le chaos de la langue ».

En scène, pour traverser la vie et l’œuvre de l’écrivain congolais, deux comédiens : Marcel Mankita et Criss Niangoura à la fois narrateurs et acteurs d’un spectacle documentaire de haute tension qui fait la part belle à la langue d’un écrivain profondément attaché à sa terre africaine mais dont les propos , le plus souvent féroces, touchent à l’universel et sonnent aujourd’hui encore comme une alerte.

Sony Congo ou la Chouette petite vie bien osée de Sony Labou Tansi, texte de Bernard Magnier, mise en scène Hassan Kassi Kouyaté avec Marcel Mankita, Criss Niangoura (durée 1h15)

Le Tarmac du 11 au 14 février puis en tournée tel 01 43 64 80 80

Photos : portrait © N&B- répétition du spectacle ©Pierre-van-Eechante

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