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Seules...en scène au Théâtre de l’Ouest Parisien

par Dominique Darzacq

Ariane Ascaride ...et quelques autres au TOP

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Comédienne solaire qui leste d’humaine vérité les sagas populaires des films de Robert Guédiguian et aime à naviguer entre cinéma et théâtre, Ariane Ascaride, avec Le Silence de Molière, inaugure la 5ème édition du « Seules…en scène » en s’aventurant avec bonheur sur des chemins plutôt inhabituels où miroitent les sombres facettes d’Esprit Madeleine, l’énigmatique fille de Molière et d’Armande Béjart dont l’existence fut entourée de silence. D’elle, nous ne savons rien, sinon qu’elle préféra se consumer dans l’ombre et la solitude plutôt que de brûler les planches. Pour l’extirper de son silence protecteur, l’écrivain italien Giovanni Macchia use de la fiction d’une conversation avec un jeune admirateur de Molière (Loïc Mobihan tout de juvénile justesse). Interrogée sur son illustre père, elle s’explique, parle de son enfance que lui a volée le théâtre, évoque les fracas de la gloire mêlés aux fracas familiaux, les rumeurs sordides qui ont ravagé son âme. Réveillant ses fantômes, exposant les motifs de son retrait, Esprit-Madeleine non seulement brosse un saisissant tableau de l’époque, mais nous fait entendre les bruissements des coulisses, lève le voile sur ce que la passion du théâtre charrie d’indicible et sur la porosité des frontières entre la vie réelle et la vie en scène.

C’est sur ce fil où se perdent les repères entre fiction et réalité, passé et présent, hier et aujourd’hui, que s’inscrit, comme une mise en abyme, la mise en scène de Marc Paquien qu’il sertit de sublimes clairs obscurs (Dominique Bruguière) et déploie dans une belle et claire scénographie ( Gérard Didier) qui suggère la sobriété et le secret d’une cellule, dans laquelle Esprit-Madeleine s’inscrit comme dans une délicate gravure du temps et qu’ Ariane Ascaride nimbe de frémissante retenue, striée d’éclats rageurs qui sont autant de cris de douleur, convoque tous les méandres d’une femme bouleversante de solitude mais qui a choisi de vivre recluse pour mieux garder en elle le feu du théâtre.
Avec "Le Silence de Molière" c’est en toute beauté que sont frappés les trois coups du TOP (le 12 mai).

L’art conjugué au féminin

Comme aime à le répéter Olivier Meyer, directeur du Théâtre de L’Ouest Parisien, "Seules…en scène " ( du 12 au 21 mai) a pour objectif de faire entendre la voix des femmes, ce qu’elles ont à dire sur la solitude, l’amour, la vie avec ses rêves et ses déchirures, braquer les projecteurs sur la diversité de leur talent , de comédienne, de metteur en scène, d’auteur et d’autres disciplines. Emotion et burlesque, tendresse et humour sont au programme de cette 5ème édition.

Ce sera Mona Heftre qui, entre paroles et chansons, brosse un portrait inédit d’Albertine Sarrazin qui écrivit en prison La Cavale et l’Astragale . Elle nous en dévoile un visage différent, celui d’une femme qui se dessine entre solitude, fureur de vivre, fierté, humour et besoin forcené d’être aimée et reconnue (13 mai).

Avec L’Odeur des planches, texte autobiographique de Samira Sedira, mis en scène par Richard Brunel, Sandrine Bonnaire sera, entre rage et espièglerie, cette comédienne qui après avoir enchaîné les contrats n’a brusquement plus aucune proposition. Une éclipse qui excède le seul périmètre du théâtre et touche tous ceux dont la vie bascule à la suite d’une perte d’emploi. Le texte précis et violent nous dit la royauté perdue de l’actrice en pleine lumière, l’oubli, l’humiliation, la violence du regard social (16 mai).

En toute complicité avec Anne Bourgeois, Laurence Fabre, dans Entretiens d’embauche et autres demandes excessives du burlesque au drame intime, trie ce qui dans sa vie est acceptable et ne l’est pas, rêve de travail, de temps et d’amour….sans jamais l’obtenir (19 mai).

Pour sa part, Valérie Zarrouk prend à bras le corps l’extravagant personnage de Madame Marguerite qu’a, en son temps, immortalisé Annie Girardot ( 20 mai).

Enfin, avec Journal de mon oreille , mis en scène par Zabou Breitman, la comédienne Isabelle Fruchart nous raconte une histoire pas banale, la sienne. Devenue subitement malentendante à l’adolescence, elle se fait appareiller vingt ans après. "Commence alors sa nouvelle vie sonore, l’apprentissage du vacarme du monde, la frustration et les sensations nouvelles (21 mai).

Seules…en scène du 12 au 21 mai Théâtre de l’Ouest Parisien - Boulogne-Billancourt. Tel : 01 46 03 60 44 www.top-bb.fr

Photo Le Silence de Molière ©Pascal Victor

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