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Rovski, l’âme dans la voix

par Gilles Costaz

La chanteuse-dramaturge au festival Femmixité

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Rovski, c’est quoi, ce nom-là ? Un marin de l’ex-Armée rouge s’époumonant dans la tempête ? Non. C’est le nom d’une douce jeune femme chez qui tout est mélodique : le chant, les textes, la musique, la façon d’être, le jeu avec les musiciens. Elle dit qu’elle aime Barbara et William Sheller ; on la croit puisque sa palette musicale est riche d’harmoniques et ses émotions diverses et réparties sur la vaste gamme qui va de la tendresse à l’ironie. Elle chante l’amour qui passe, l’amour qui vient, les déceptions, les espérances, le passé, le présent, le futur. Elle s’enchante du chant des artistes qu’elle aime et salue. Elle se moque de la vie trop parisienne de ceux qui sont trop parisiens. Elle aime que les mots soient des notes et les notes des mots, que le martèlement de ses syllabes et de ses vers danse et frappe à la fois. Rimeuse rieuse, elle prend une formule toute simple, ou même vulgaire (« Crache ! »), et elle en fait une balade, un rondeau élégant, une trépidation délicate. Elle s’amuse, elle sourit : cela se voit quand elle est en scène, cela s’entend dans la voix. Mais elle dit surtout, derrière ses mots, qu’elle aime la vie et le langage, qu’elle en fait son affaire en les caressant dans ses strophes caressantes. L’âme monte dans la gorge et y demeure. Comme les vrais poètes, elle boucle toujours ses chants qui, du point de départ au point d’arrivée, sont tissés au petit point. Olive Perrusson, le plus souvent, l’accompagne au violon et avec divers instruments, et c’est un merveilleux accord entre les deux artistes, comme un vol d’oiseaux aspirés par les mêmes voyages mais offrant parfois à l’autre des variations imprévues. Rovski raconte peu qu’elle est aussi auteur de théâtre et actrice, sous le nom de Sonia Némirovsky. Après Le Vol il y a deux ans, elle donnera en avril sa nouvelle pièce au Lucernaire Evidemment, le sens de la angue théâtrale donne plus de force à son écriture et à sa présence. La scène, elle sait ce que c’est. Mais Rovski ne confond pas le théâtre et la chanson. Elle est double, mais cache son double don. Sur scène, sur disque, elle n’est qu’une chanteuse, dans les hauteurs où la chanson moderne respire un air jeune et neuf.

Festival Femmixité, Théâtre de la Contrescarpe, 5 rue Blainville 75005 Parid. Tarif : 5 euros (l’entrée est valable toute la journée, pour tous les événements). Réservations : compagniepoussinsterribles gmail.com. 19 h : Cut d’Emmanuelle Marie, mise en scène de Dominique Fataccioli. 21 h : Concert Rovski.

Photo Thomas Bader : Rovski et Olive Perrusson.

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