Accueil > Robert Hirsch

Actualités / Disparition

Robert Hirsch

par Gilles Costaz

Un acteur de légende

Partager l'article :

"Robert Hirsch est un des rares comédiens qui a totalement incarné la Comédie-Française, vient d’écrire Eric Ruf. Il a représenté une période faste, glorieuse, qui est restée dans l’imaginaire collectif. Il était à lui seul cette maison parce qu’il était un grand acteur, capable de tout jouer, un acteur singulier, presque fou dans la rare puissance qu’il était capable de déployer. Il était une légende de son vivant et restera pour la Maison de Molière un de ses plus grands comédiens. » En effet, Robert Hirsch, né en 1925 à L’Isle-Adam et mort à 92 ans le 16 novembre à Paris, a été l’une des grandes figures de notre premier théâtre national. Il y fit ses débuts en 1948 et y resta jusqu’en 1974. Il y accumula les triomphes : Richard III de Shakespeare, Raskolnikov dans Crime et Châtiment d’après Dostoïevski, Scapin, Sosie dans Amphitryon de Molière, le fameux Bouzin dans Un fil à la patte de Feydeau... En ces temps-là, il eut la permission de jouer une fois au TNP, et il fut Arturo Ui dans la pièce de Brecht. Ensuite, avide de liberté, il s’en alla. Il joua les auteurs les plus divers : Pinter, Haïm, Boucicaut, Guitry, Beckett, Dorst ... Ces dernières années, avant et après ses 90 ans, il sut s’intéresser au théâtre de Florian Zeller. Dans Le Père et Avant de s’envoler, il incarna deux images de la vieillesse perdue dans l’éclatement des souvenirs et dans la vision d’un monde de plus en plus indéchiffrable.
Réputé difficile, il avait travailler avec de jeunes artistes. Il avait accepté de jouer Le Père de Zeller à la condition d’être dirigé par un metteur en scène inconnu de lui. Ce fut Ladislas Chollat, qui disait à l’époque, pour L’Avant-Scène :
« Lycéen, je voyais sa photo dans les illustrations des classiques Larousse. A lui seul, il est une partie de l’histoire du théâtre. C’est vrai qu’on a affaire à un mythe ! J’avais un trac fou au départ. Mais il travaille comme j’aime : il accepte de faire ce qu’on lui propose avant de donner son avis et dire éventuellement non. Il a été vite proche du personnage, mais c’est vrai que cet "André" a été écrit pour lui. Robert Hirsch a un plaisir d’enfant à retrouver une troupe, à faire partie de la vie sociale de la troupe. Dans sa façon d’aborder le rôle il y a beaucoup de jeu. Il est très ludique sur le plateau. Et dans le même temps, il est très instinctif sur le rythme des répliques. Il a un instinct du plateau, qui me fait penser à celui de Dominique Pinon avec qui j’ai travaillé cette année. Et cet instinct est forgé par une immense expérience. Face à lui, le metteur en scène apprend beaucoup ! »
La disparition de Robert Hirsch attriste tous les amateurs de théâtre mais cet acteur légendaire aura régné soixante-dix ans sur les planches !

Photo DR : Robert Hirsch avec Isabelle Gélinas dans Le Père (voir l’article de Corinne Denailles, le 8 octobre 2012).

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.