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Critiques / Théâtre

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

par Gilles Costaz

Les amants du Net

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Un best-seller passe à la scène. Sans difficulté d’adaptation, puisque le livre de l’Autrichien Daniel Glattauer prend la forme d’une correspondance. Mais une correspondance moderne, faite jour après jour devant un ordinateur. Tout commence par une erreur d’adresse. Un homme, Léo, reçoit un message qui ne lui est pas destiné. C’est celui d’une femme, Emmi, et ce message est émouvant. Mariée, Emmi n’a nullement l’intention de tromper sa mari. Elle n’en a pas moins besoin d’un confident. Il y a en elle une frustration que ce dialogue avec un inconnu pourrait combler. De jour en jour, Emmi et Léo vont à la rencontre d’eux-mêmes. Ils ne se sont jamais vus mais il parviennent à une intimité et une complicité que n’ont pas, bien souvent, des gens qui vivent ensemble. Au fil de mois, cette proximité sans visage et sans la chaleur d’une poignée de main ou d’un baiser devient intenable. L’un et l’autre décident de se rencontrer. Mais n’ont-ils pas peur de franchir ce pas ? Amis ou amants du Net, peuvent-ils devenir amis ou amants dans la vie ? Ils se sont bien gardés de se dévoiler leur visage, ils ne se sont adressé aucune photo – ce qui est peut-être la seule invraisemblance d’un récit pourtant remarquablement construit.
Le spectacle mis en scène par Judith Wille repose habilement sur un dispositif minimum (quelques éléments design mobiles) - à l’image de l’abstraction que peut être le monde de l’informatique. Et il donne ainsi toute sa puissance au jeu des comédiens : Caroline Rochefort incarne le personnage féminin d’une manière sensible et vibrante. Stéphane Duclot compose un correspondant plus réservé, moins romantique. Ils donnent une belle vérité à ce piège du suspense où le spectateur se fait prendre grâce à l’habileté d’un mécanisme, plus que par la classe d’une écriture qui se contente de donner de nouveaux habits au roman sentimental.

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, adaptation de Daniel Glattauer et Ulrike Zemme, traduction de Hans Peter Cloos et Patrick Demerin, musique de Martina Eisenreich, mise en scène de Judith Wille, avec Stéphane Duclot et Caroline Rochefort.

Ciné XIII Théâtre, 21h le mercredi, 19 h 30 les jeudi et samedi, 18 h le dimanche, tél. : 0142 54 15 12, jusqu’au 23 janvier. (Durée : 1 h 15). Texte aux éditions Grasset.

Photo Vincent Limeul, VDN.

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