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Critiques / Théâtre

Princesse vieille reine de Pascal Quignard

par Gilles Costaz

La danse lente de l’habillage

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Ayant aimé la façon dont Marie Vialle avait interprété au théâtre certains de ses textes, Pascal Quignard a écrit de nouveaux contes, au nombre de cinq, qui s’enchaînent plus qu’ils ne se succèdent dans le nouveau spectacle de la comédienne, Princesse vieille reine. Car il s’agit d’histoires qui se ressemblent en même temps qu’elles sont dissemblables. C’est au, départ, la fille d’un empereur qui découvre l’amour sans la permission de son père et qui sera trahie. Le temps passant, la princesse du début devient une vieille reine. Chacune de ces légendes a une apparence de conte ancien, ouvre la porte à la sexualité et finit par la tristesse et le sentiment d’absence.
« Danse lente dans le silence de l’habillage et du déshabillage. Je vais enfiler une très ancienne robe que j’aime. Nous entrons par une porte étrange dans ce monde », dit en ouverture le personnage – qui reprendra en la modulant cette formulation. La mise en scène de Marie Vialle colle à cette injonction et à cette confession : elle-même va se vêtir et se dévêtir constamment, passant d’une robe à un autre, d’une tunique à un manteau, en voilant son corps mais dans une gestuelle qui relève de la parade mi-érotique mi-féerique. La voix est incantatoire, sans solennité. Les vêtements conçus par Chantal de La Coste sont d’une rare beauté. Mais, dans le saut d’un vêtement et d’un événement à l’autre, il n’y a pas toujours la même élégance, comme s’il avait parfois manqué un metteur en scène à Marie Vialle. Elle n’est pourtant pas sans idées. Loin de là. Le moment où elle s’enroule dans un long tissu est splendide. Il y a là beaucoup d’enchantement, mais
sans que soit retrouvé totalement la profonde singularité des précédents spectacles de Marie Vialle disant Quignard, Le Nom sur le bout de la langue et Triomphe du temps.

Princesse vieille reine de Pascal Quignard, mise en scène et interprétation de Marie Vialle, scénographie et costumes de Chantal de La Coste, lumières de Jean-Claude Fonkenel.

Théâtre du Rond-Point, tél. : 01 44 95 98 21, jusqu’au 27 septembre. Texte aux éditions Galilée. (Durée : 1 h 05).

Photo Richard Schroeder.

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