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Critiques / Théâtre

Plus léger que l’air de Federico Jeanmaire

par Gilles Costaz

Méfions-nous des nonagénaires !

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Rusée, la vieille dame de Buenos Aires qui, malgré ses 94 ans, a berné le jeune voyou qui voulait la dévaliser ! Méfions-nous des nonagénaires ! Sous la menace, elle est montée dans son appartement mais, là, elle a dit à son agresseur que l’argent était dans la salle de bain. Une fois le garçon entré dans les toilettes, elle a tiré et verrouillé la porte de l’extérieur. Le petit truand a beau taper tant qu’il peut, il est prisonnier. Apaisée, la dame le prend à parti et lui raconte sa vie : comment elle a été élevée par sa tante autoritaire, combien sa mère morte dans un accident d’avion lui manque, comment elle mène sa vie solitaire... Laissera-t-elle le gamin mourir ou lui ouvrira-t-elle un jour la porte ? Les pensées des femmes sont-elles, comme les avions tels qu’on les décrivait autrefois, « plus légers que l’air » ? (Un peu machiste l’auteur argentin Federico Jeanmaire, quand il parle de la légèreté de l’esprit féminin !).
C’est une bonne idée d’avoir transformé ce roman en monologue de théâtre. Jean Lacornerie et Martine Silber lui ont donné une belle continuité et une belle intensité. Cela n’en fait pour autant un grand texte dramatique mais crée un terrain très propice à Elizabeth Macocco qui dessine là un personnage impressionnant. Tristesse, solitude, cruauté, tendresse : tous ces sentiments s’entremêlent dans l’interprétation compacte, secrète, intériorisée, mystérieuse de la comédienne. Elizabeth Macocco compose avec la même force la carapace d’un être fermé et ses blessures. Son partenaire, Quentin Gibelin, n’est visible qu’aux saluts : il n’a qu’à frapper derrière la porte ! On ne voit donc qu’Elizabeth Macocco, qui fait là une prestation tout à fait frappante.

Plus léger que l’air de Federico Jeanmaire, traduction d’Isabelle Gugnon (Gallimard), adaptation de Martine Silber, mise en scène de Jean Lacornerie, avec Elizabeth Macocco, Quentin Gibelin.

Petit Louvre, Avignon, 19 h, tél. : 04 32 76 02 79, jusqu’au 30 juillet (relâche le 25). (Durée : 1 h 05).

Photo Blandine Soulage

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