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Critiques / Danse

Play d’Alexander Ekman

par Yves Bourgade

Un spectacle ludique étouffé par les accessoires

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Play , création commandée pour le Ballet de l’Opéra de Paris au jeune Suédois Alexander Ekman, à la fois chorégraphe et décorateur, échappe à toute classification.
L’auteur de cette réalisation ludique et colorée qui met en joie, il faut le reconnaître, le public jeune, affirme quant à lui « vouloir refonder la danse comme un théâtre total, haut-lieu de vécu et agora proche des gens où s’inventent de nouveaux mondes et se disent des vérités d’ici-bas ».
Au crédit de Ekman , il faut mettre qu’il ne fait pas appel à la parole pour développer son propos, une opposition entre jeu et travail, qui se dilue toutefois un peu au long de la représentation. La danse (classique et moderne), les mouvements, soutenus par la musique énergique de son compatriote et son complice depuis 2010, Mikael Karlsson, sont ensemble son seul moyen d’expression auquel il faut cependant ajouter le dispositif scénique impressionnant et les nombreux accessoires.
Le plateau de Garnier et ses panneaux métalliques latéraux et de fond de scène sont déployés et agrémentés d’une forêt de cubes blancs mobiles suspendus dans les cintres. L’orchestre est installé sur une mezzanine avec balustrade. Est spectaculaire aussi l’irruption de quelque 60.000 balles, vert pomme, qui s’échappent des flancs du décor et recouvrent la scène avant de remplir en deuxième partie la fosse d’orchestre.
Ce tapis de balles rend difficile l’évolution des danseurs (une trentaine totalement investis dans cette aventure) qui semblent cependant intégrer à leur jeu cette difficulté et sollicitent les spectateurs en leur envoyant des balles et au final d’énormes ballons blancs gonflés.
Alexander Ekman souhaite « interpeler les adultes » dit-il, « sur leur inaptitude à jouer comme au temps des jeux de leur enfance et à profiter ».
Si l’on se penche sur la biographie de ce chorégraphe, on remarque que la plupart de ses créations précédentes posent des questions fondamentales : qu’est ce que le divertissement ? (Ekmans Triptych ), qu’est-ce que le rythme ? (Tuplet ), sur la forme d’une tendre parodie les problèmes de la vulnérabilité des artistes et la cruauté des critiques de spectacles (Cacti).
Son humour est volontiers iconoclaste. N’a-t-il pas abordé également Le lac des cygnes et Le songe d’une nuit d’été , en laissant de côté les partitions de Tchaïkovski et Mendelssohn au profit de la musique de Mikael Karlsson.
Formé à l’Ecole du Royal Ballet de Suède, Alexander Ekman , qui a 33 ans, a été membre du Nederlands Dans Theater et du Ballet Cullberg pour lequel il a signé sa première chorégraphie en 2006 The Swingle Sisters.

Play d’Alexander Ekman (durée 2h avec entracte)

Palais Garnier 16 et 23 décembre 2017 à 20h, 18, 19, 20, 22, 27, 28, 29, 30 et 31 décembre 2017 à 19h30, 24 décembre 2017 à 14h30, places de 10 à 150 €.

Photo ©ann-ray ONP

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