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Critiques / Théâtre

Phèdre de Jean Racine

par Jean Chollet

Un mythe revisité

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A juste titre, cette tragédie en cinq actes et en vers, créée le 1er janvier 1677, sous le titre Phèdre et Hippolyte compte parmi les œuvres majeures du répertoire classique français. Inspirée à Racine par la mythologie grecque, elle a fait l’objet de réflexions parfois passionnées, mais également de suggestions et controverses. Son histoire, largement connue, tourne autour de l’amour coupable de Phèdre, fille de Minos et de Pasiphaé et seconde femme de Thésée, roi d’Athènes, pour le fils de celui – ci, Hippolyte. Une passion déchirante qu’elle doit taire, et qui l’entraîne inexorablement vers une descente aux enfers, avant de se donner la mort, après son aveu à Thésée de retour après avoir été porté longtemps disparu. Ses derniers mots éclairent les déchirements intérieurs de cette femme divisée entre fureur d’aimer, soumission et besoin de franchise : “ Et la mort, a mes yeux dérobant la clarté / Rend au jour qu’ils souillaient, toute sa pureté ”.

C’est avec ce monument dramatique, que la jeune comédienne Sterenn Guirriec, appréciée dans des créations auprès de Daniel Mesguich, Sandrine Anglade ou Nicolas Liautard, signe sa seconde mise en scène après le Partage de midi de Paul Claudel en 2014. Avec une transposition abstraite du Palais de Trézène, dans l’espace ouvert et fonctionnel conçu par Camille Ansquer, dont les diagonales croisées au sol semblent directionnelles pour les personnages, sous les lumières et les zones d’ombres de Bruno Rudtmann, en échos aux nuances de la pièce. La représentation rythmée apparaît en prise directe avec les pulsions de la vie, et les 1654 alexandrins sont portés pour l’essentiel avec une liberté noble et naturelle. C’est pourquoi on peut être surpris par l’interprétation du rôle titre par la metteuse en scène, emportée, comme beaucoup de tragédiennes avant elle, par des excès grandiloquents, gestuels ou déclamatoires, qui s’inscrivent aux dépends des autres personnages, interprétés avec cohérence, notamment par Johann Cuny (Hippolyte) Joëlle Lüthi (Théramène) ou Philippe Maymat (Thésée).

Phèdre de Jean Racine, mise en scène Sterenn Guirriec, avec Johann Cuny, Nanou Garcia, Sterenn Guirriec, Philippe Maymat, Laurent Montel, Hélène Ollivier, Marie Sambourg. Scénographie Camille Ansquer, lumières Bruno Rudtmann, musique Nicolas Lermignat, costumes Dominique Louis. Durée : 2 heures.

Scène Watteau Nogent – sur - Marne jusqu’au 4 février 2016.
Espace André Lejeune - Guéret le 9 février 2016.

Photo ©Hélène Ollivier

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