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Critiques / Théâtre

Petits Crimes conjugaux d’Eric-Emmanuel Schmitt

par Gilles Costaz

Un couple après l’orage

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La création en 2003 de Petits Crimes conjugaux au théâtre Edouard VII n’avait pas placé bien haut cette pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt. L’interprétation de Bernard Giraudeau et la mise en scène de Bernard Murat ne parvenaient pas à compenser les débuts maladroits de Charlotte Rampling. Hé oui, la grande Charlotte Rampling faisait ses premiers pas au théâtre et se montrait bien maladroite dans cet exercice. Cette nouvelle mise en scène, par Jean-Luc Moreau, est plus musclée, tend mieux le ressort. Une femme et un homme se retrouvent après un moment de séparation, qui a tout bouleversé. Lui aurait perdu la mémoire, il ne reconnaît ni son épouse, ni leur domicile. Elle le reconnaît tout à fait, mais n’est-elle pas la responsable de son amnésie ? Ne l’a-t-elle pas provoqué par un « petit crime conjugal » ?
La pièce de Schmitt boîte quelque peu par le fait qu’elle s’appuie sur deux thèmes qu’elle associe artificiellement. Cela part comme Le Voyageur sans bagages d’Anouilh : un être qui a tout oublié peut-il reconstituer sa vie et ses souvenirs ? Et la rencontre évolue vers un règlement de comptes à caractère policier : quel secret cache ce couple jouant avec ses mensonges ? Le meilleur de la soirée est sans doute la réflexion sur le sentiment, sur l’altruisme qui va se développant alors même que les deux personnages s’affrontent et se défient. Fanny Cottençon, en épouse follement alcoolique, alterne habilement et joliment rouerie et émotion. Sam Karmann, dont le personnage de mari fracassé a une partition très oratoire (son texte a le plus souvent des allures de plaidoyer), tient sa ligne avec rigueur. Rien n’est très original mais la soirée est bien enlevée.

Petits Crimes conjugaux d’Eric-Emmanuel Schmitt, mise en scène de Jean-Luc Moreau, décor de Stéfanie Jarre, lumières de Jacques Rouveyrollis et Jessica Duclos, musique de Sylvain Meynac, costumes de Nathalie Chevalier, avec Fanny Cottençon et Sam Karmann.

Théâtre Rive Gauche, tél. : 01 343 35 32 31. Texte aux éditions Albin Michel. (Durée : 1 h 40).

Photo Fabienne Rappeneau.

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