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Critiques / Opéra & Classique

Pelléas et Mélisande de Claude Debussy et Maurice Maeterlinck

par Caroline Alexander

Reprise : Louis Langrée dirige les épures poétiques de Stéphane Braunschweig

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Une reprise bienvenue ! En juin 2010, Jérôme Deschamps, patron de l’Opéra-Comique, faisait revenir au bercail l’un des chefs d’œuvre qui y vit le jour à l’aube du vingtième siècle. Pelléas et Mélisande, unique incursion dans le monde lyrique de Claude Debussy, y fut créé en 1902 sur le thème et les mots du poète Maurice Maeterlinck (voir WT 2364).

Le retour sur les planches de la salle Favart fut confié à Stéphane Braunschweig, le directeur du Théâtre de la Colline, à la fois metteur en scène, scénographe et subtil directeur d’acteurs. Son intelligence réfléchie, voire cérébrale, sa façon d’aller à l’essentiel sans fioriture, son art d’engendrer des paysages symboliques en écho au monde de Maeterlinck et à la musique de Debussy, confectionnèrent un habit idéal à l’univers mental des héros de ce singulier voyage amoureux. On retrouvera – ou découvrira – avec bonheur les images déclinées en noir et blanc et leurs jaillissements de pointes rouges, les hautes cloisons grises d’une monarchie coupée du monde, la ronde croûte lunaire qui figure le sol se dérobant sous la marche des amants. Une tour qui se métamorphose en phare, géant ou miniature, comme un jouet ou un bibelot, une fontaine, un puits sans fond : c’est toute une mosaïque allégorique que Braunschweig distille sur scène. Il y ajoute des détails véristes de son cru – fauteuil roulant, lit d’hôpital, couveuse - qui dans l’œuvre originale sont à peine suggérés.

Karen Vourc’h retrouvera sa Mélisande de grâce et de mystère, oiseau venu de nulle part au timbre chatoyant et à la diction de cristal, Phillip Addis reprend lui aussi les habits de Pelléas avec sa voix lumineuse de baryton martin et son allure de beau gosse. Changement de distribution pour les rôles secondaires : Laurent Alvaro se substitue à Marc Barrard pour jouer Golaud et Sylvie Brunet succède à Nathalie Stutzmann dans les habits de Geneviève. Jérôme Varnier sera un nouvel Arkel et Dima Bawab l’enfant Yniold.

Dans la fosse Sir Elliot Gardiner cède la place à Louis Langrée qui dirigera l’Orchestre des Champs Elysées. Le chœur Accentus complète le bel assemblage de cette reprise que les amoureux de Debussy ne voudront pas manquer !


Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, livret du compositeur d’après la pièce de Maurice Maeterlinck, Orchestre des Champs Elysées direction Louis Langrée, chœur Accentus, mise en scène et décors Stéphane Braunschweig, costumes Thibault Vancraenenbroeck, lumières Marion Hewlett. Avec Karen Vourc’h, Phillip Addis, Laurent Alvaro, Jérôme Varnier, Sylvie Brunet, Dima Bawab, Luc Bertin-Hugault…

Opéra Comique, les 17, 19, 21 & 25 février à 20h, le 23 à 15h.

0825 01 01 23 – www.opera-comique.com

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