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Critiques / Théâtre

Parlons d’autre chose de Léonore Confino

par Gilles Costaz

Lycéens, corps et âmes

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On oppose si souvent les artistes et les personnages de théâtre aux « vrais gens » ! Le théâtre ne serait qu’artifice, la réalité serait ailleurs, assènent ceux qui ne voient que conventions sur nos plateaux. Voilà la preuve du contraire avec le nouveau spectacle de Léonore Confino et Catherine Schaub. Pendant des mois, Léonore Confino – l’auteur de Building et du Poisson belge – a observé un groupe de lycéens à l’intérieur d’une classe de terminale parisienne. Elle a dialogué avec eux, noté les aveux, construit une pièce. Quand, de ces confidences, un texte complet a été écrit, Léonore Confino et Catherine Schaub – son habituel metteur en scène – ont confié le spectacle aux intéressés eux-mêmes : ces huit jeunes filles et un unique grand ado jouent leurs propres personnages, avec leur propres passions, leurs propres interrogations, leurs propres inquiétudes, décryptées donc par l’un de nos meilleurs écrivains.
Il manque sans doute un personnage d’une autre culture dans ce groupe totalement parisien où le contraste naît d’abord de la présence d’un seul homme cerné par un clan féminin. Mais ce groupe existait ainsi. C’est ainsi qu’il a été confié au clairvoyant microscope de Confino-Schaub. Sexe, langage des SMS, relation avec les parents, rêves d’avenir, amour réel, amour rêvé, identification à des images sociales : autour d’une soirée, tout ce qui est enfoui ou ce qui n’était qu’entrebaillé surgit, par jeu et dans les secousses des conflits chahuteurs. Cette jeunesse n’est pas exactement celle que l’on croit : Confino nous la peint, nous la projette appuyée sur de nouveaux repères, de nouveaux espoirs, aussi fragile que forte. Ce qui est beau (notamment) c’est que chaque individu est différent, qu’il n’y a pas de globalisation, de démonstration. Il n’y a plus qu’à la regarder et à les aimer pour ne pas être décroché.
Sur scène, portés par la mise en scène de Catherine Schaub qui change le tempo selon les points de suspension et les moments d’emballement, les comédiens sont justes, séduisants, émouvants, craquants. Comédiens ? Non. Ce ne sont que des lycéens en scène, des jeunes gens qui jouent avec le feu du théâtre pour la première fois mais ils délivrent, avec aisance ou avec une certaine crainte, ce que des acteurs expérimentés n’exprimeraient pas de cette façon-là. Ils s’appellent Aliénor Barré, Solène Cornu, Marion de Courville, Faustine Daigremont, Thomas Denis, Marguerite Hayler, Elise Louesdon, Camille Pellegrinuzzi et Léa Pheulpin. « Nous jouons au festival d’Avignon ! », disait à voix haute, au moment des saluts, l’une des jeunes filles, émerveillée par l’aventure. Pour le spectateur, l’émerveillement vient du défi réussi par Confino-Schaub et de cette lumière donnée par la jeunesse elle-même.

Parlons d’autre chose de Léonore Confino, mise en scène de Catherine Schaub, lumières de Christophe Luthringer, avec Aliénor Barré, Solène Cornu, Marion de Courville, Faustine Daigremont, Thomas Denis, Marguerite Hayler, Elise Louesdon, Camille Pellegrinuzzi, Léa Pheulpin.

Nouveau Ring, Avignon, 15 h 15.

Photo Luisa Luzuriaga.

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1 Message

  • Parlons d’autre chose de Léonore Confino 16 juillet 18:29, par Ackermann Beatrice

    Bonjour Webtheatre
    je vais découvrir cette pièce des demain au fort Antoine à Monaco 🇲🇨

    j’ai hâte de découvrir ce spectacle plein de promesses

    je fais du soutien scolaire et je vais emmener mes élèves

    bien cordialement

    beatrice

    repondre message

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