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Critiques / Théâtre

Papa va bientôt rentrer de Jean Franco

par Gilles Costaz

Un inconnu dans la cheminée

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Jean Franco poursuit son petit bonhomme de chemin de champion du divertissement blagueur et satirique. Avec plus de gravité, dans cette nouvelle pièce, Papa va bientôt rentrer. Curieusement, il nous emmène aux Etats-Unis. Exactement, en 1967. Nous sommes au plus fort de la guerre du Viet-Nam. Tous les hommes jeunes partent au front. Voilà deux amies esseulées, l’une rendant visite à l’autre dans sa maison. Toutes deux ont leur mari du côté des rizières indochinoises. Deux femmes sans homme ! Mais pas tout à fait. Un déserteur s’est réfugié dans l’une des pièces ; on finira par le retrouver dans la cheminée ! La présence de ce jeune récalcitrant met le feu aux poudres. Faut-il le dénoncer ? Peut-on prendre dans ses bras un beau mâle qui enfreint les lois de la patrie ? Peut-on contester cette guerre qui transforme la jeunesse en chair à canon ?
La pièce de Jean Franco est avant tout une situation prenante dont l’auteur sait tirer à la fois la vérité humaine et le sel comique. La mise en scène de José Paul rythme bien cette série de rencontres où, jour après jour, les relations et les pensées évoluent loin du conformisme officiel. Le texte et la mise en scène ont un juste souci de l’arrière-plan historique, tout en détaillant avec finesse le chassé-croisé des sentiments. Le plus beau dans ce spectacle, ce sont les comédiennes. Certes, Benoît Moret, dans le rôle du déserteur, a beaucoup de présence et d’à-propos. Mais Lysiane Meis et Marie-Julie Baup nous convient là à une fête du jeu malicieux. Lysiane Meis joue avec succulence la sagesse petite-bourgeoise et le cheminement vers l’indépendance d’esprit. Marie-Julie Baup campe une Américaine intrépide, sensuelle, d’une franchise toujours drôle. Leur duo est un bonheur de théâtre.

Papa va bientôt rentrer de Jean Franco, mise en scène de José Paul, assistanat de Betty Lemoine, décor d’Edouard Laug, lumières de Laurent Béal, costumes de Juliette Chanaud, musique de Virginie Hilaire, avec Lysiane Meis, Marie-Julie Baup, Benoît Moret.

Théâtre de Paris, salle Réjane, 21 h, 17 h le samedi, 15 h le dimanche, tél. : 01 42 80 01 81.

Photo Bernard Richebé.

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