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Critiques / Théâtre

Opéra panique d’Alejandro Jodorowsky

par Gilles Costaz

La vie comme une explosion de nos certitudes

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Créateur du « théâtre panique » - avec Arrabal, Topor et Ribes -, Alejandro Jodorowsky combine l’ironie, la satire et la folie. Le mouvement vient en ligne droite du surréalisme, avec plus de modernité. Cet « opéra panique », qu’a traduit le fils même de l’auteur, Brontis Jodorowky, est en fait une succession de pièces courtes où la société est mise à l’état de panique : les conformismes et la bonne vieille morale ne fonctionnent plus ! Toute une série d’individus se trouvent confrontés à des problèmes où leurs certitudes explosent, où les idées de faute et de pauvreté surgissent de manière imprévue et imparable. Les situations loufoques débouchent non pas sur des accidents comiques mais sur des vérités troublantes.
Quand on les lit, ces textes semblent des exercices acrobatiques où le comédien a beaucoup à inventer. Quand on les monte, il faut affronter non seulement les questions soulevées par les textes mais imaginer le système combinatoire qui va emboîter les différentes scènes. Cette composition, la mise en scène de Codrina Pricopoaia et Dominique Fataccioli l’a parfaitement réalisée autour du personnage joué par Codrina Pricopaia, incarnant une femme autoritaire, puissante et ambiguë. Une humanité changeante - Aitor Bourgade, Brieu Le Guern, Iuliana Neagu, Chloé Renaud et Geoffroy Vernin passent nerveusement et joliment d’un rôle à l’autre – met avec elle le feu à l’étroit plateau du Guichet. Pour qui aime perdre les repères de la logique c’est un régal.

Opéra panique d’Alejandro Jodorowsky, traduction de Brontis Jodorowsky, mise en scène de Codrina Pricopoaia et Dominique Fataccioli, lumière de Leslie Horowitz, avec Aitor Bourgade, Brieu Le Guern, Iuliana Neagu, Codrina Pricopoaia, Chloé Renaud, Geoffroy Vernin.

Théâtre du Guichet-Montparnasse, 20 h 30 les vendredi et samedi, 16 h 30 le dimanche, tél. : 01 43 27 88 61, jusqu’au 2 juillet. Texte traduit par Brontis Jodorowsky aux éditions Albin Michel. (Durée : 1 h 15).

Photo Op Pan.

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