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Critiques / Danse

Onéguine de John Cranko

par Yves Bourgade

Un ballet qui parle de l’homme

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En juin 1983, Maurice Béjart déclarait au sujet de son confrère chorégraphe, le Sud-Africain John Cranko (1927-1973) : « Il existe peu de grands créateurs dans le monde de la danse. Par créateurs, je n’entends pas seulement les inventeurs de pas, d’enchaînements et de formes nouvelles, mais des homme de théâtre au sens fort du terme, qui, à travers la danse, savent parler de l’homme et nous faire rire et pleurer en montrant nos joies, nos peines, nos amours et nos rêves ».
Ce jugement autorisé est certainement partagé par Aurélie Dupont, directrice de la danse de l’Opéra de Paris, qui a programmé pour le Ballet de l’Opéra de Paris, au Palais Garnier, une vingtaine de représentations du ballet Onéguine de John Cranko, tiré de l’opéra de Tchaikovski Eugène Onéguine , lui-même basé sur le roman en vers de Pouchkine, roman des rendez-vous manqués. En avril 2009, cet Onéguine dansé est entré au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.
Aurélie Dupont a fait d’ailleurs partie des étoiles de la compagnie française qui ont été invitées à interpréter le principal personnage féminin, Tatiana, la jeune-fille rêveuse en quête d’elle-même.
C’est pour le Ballet de Stuttgart dont John Cranko fut le directeur et chorégraphe de 1960 à sa mort brutal à 46 ans que cet Onéguine a été créé en avril 1965, dans des décors et des costumes de Jurgen Rose.
Le propos du ballet que l’on peut considérer dans la filiation du « ballet d’action » du Français Noverre, est centré sur les quatre personnages principaux du poème, quatre jeunes gens entrainés dans un chassé-croisé tragique : Onéguine, dandy désargenté et las des mondanités pétersbourgeoise, son ami Lenski, poète pétri de littérature allemande, la douce Olga Larina, sa fiancée et enfin Tatiana, sœur d’Olga qui tombe amoureuse d’Onéguine qui la repousse.
Ce ballet Onéguine est particulièrement bienvenu pour une compagnie nombreuse comme celle de l’Opéra de Paris. ll donne à danser pour les principaux rôles à des solistes auxquels le chorégraphe demandait qu’ « ils prennent possession de leur personnage ». Le corps de ballet est sollicité aussi dans les deux grandes scènes de bal de l’œuvre, combinant des influences différentes : l’une se déroulant dans un univers aristocratique campagnard, l’autre dans la haute société de Saint-Pétersbourg.
L’accompagnement musical de la danse, à la tonalité générale de musique de chambre, n’emprunte pas à l’opéra de Tchaikovski, mais utilise cependant des oeuvres du compositeur, orchestrées par Kurt-Heinz Stolze.
Plusieurs danseurs sont prévus dans les principaux rôles particulièrement valorisants. C’est ainsi que, pour Onéguine, alternent quatre étoiles Stéphane Bullion, Mathieu Ganio, Josua Hoffalt et Hugo Marchant ainsi que le premier danseur Audric B ézard et, pour Tatiana, quatre étoiles femmes Amandine Albisson, Dorothée Gilbert, Laura Hecquet et Ludmila Pagliero ainsi que la première danseuse Sae Eun Park.

Palais Garnier, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 27 février 2018, 5, 6, 7 mars 2018 à 19h30, 25 février 2018 à 14h30, 28 février 2018, 1, 2 , 3 mars 2018 à 20h, durée 2h20, places de 10 à 150 €.

Photo © Julie N Benhamou

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