Accueil > Oh mon doux pays de Corinne Jaber et Amir Nizar Zuabi

Critiques / Théâtre

Oh mon doux pays de Corinne Jaber et Amir Nizar Zuabi

par Jean Chollet

Poignants témoignages syriens

Partager l'article :

Créé au Théâtre Vidy à Lausanne en 2013 et suivi d’une longue tournée dans différents pays, ce spectacle est né des rencontres de la comédienne Corinne Jaber, française, née de parents germano-syriens, avec des réfugiés installés, à Paris, au Liban et en Jordanie, après avoir fuit la guerre civile atroce et sanglante livrée en Syrie depuis 2011. A partir des propos recueillis, l’écriture d’une version scénique a été engagée avec l’auteur et metteur en scène palestinien Amir Nizar Zuabi, accueilli sur de nombreuses scènes internationales. Ils ont choisi de localiser l’émergence de ces paroles dans une cuisine, où se prépare la confection d’un plat traditionnel syrien, le Kebbeh, dont le processus complexe et tourmenté peut s’assimiler à une suggestion métaphorique de la situation du pays. Dans ce cadre, seulement habité d’une large table en bois, d’une cuisinière, d’un réfrigérateur, et que quelques accessoires nécessaires à la recette, Corinne Jaber, dont ont a pu apprécier le talent auprès de nombreux metteurs en scène, s’active aux tâches culinaires, tout en distillant les paroles de témoins et victimes avec intensité, finesse et parfois humour, ménageant respirations et aérations judicieuses, en contrepoint du réalisme affiché sur le plateau. Elle porte à travers la trajectoire d’une femme exilée, les sentiments exprimés par des êtres issus de différentes couches sociales, en milieux urbains ou ruraux, confrontés à un quotidien douloureux, bien éloigné de leur “ doux pays “, qu’ils ne désespèrent pas toutefois de retrouver un jour. Ces échos de la guerre sans démagogie, n’ont pas vocation à exposer ou analyser la situation politique de la Syrie et du conflit tragique qui la déchire – l’actualité médiatique s’en charge –, mais de faire entendre des accents souvent poignants d’hommes, de femmes et d’enfants, qui en sont, de quelques manières que se soient, les victimes. Avec pudeur et intelligence, un objectif atteint par cette réalisation théâtrale.

Ce spectacle est accompagné durant la durée de sa programmation au Théâtre du Soleil, de différentes rencontres liées à la Syrie, proposées avec la Scène nationale de Toulon et l’association Souria Houria. sous le titre “ Lumières du Pays ”.

Photo Mario del Curto

Oh mon doux pays, conception et interprétation Corinne Jaber, texte et mise en scène Amir Nizar Zuabi., régisseur général Nicolas Chorier. Durée : 1 heure. Théâtre du Soleil – Paris jusqu’au 19 mars 2017. Projet de reprises en cours.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.