Accueil > Off, dernière ligne droite

Critiques / Festival / Théâtre

Off, dernière ligne droite

par Gilles Costaz

Le choix de l’ultime semaine

Partager l'article :

Le Messie du peuple chauve d’Augustin Billetdoux
Sauvons la planète !

Augustin Billetdoux adapte pour la scène son roman Le Messie du peuple chauve (Gallimard) écrit en réaction à la Cop 21. Cette conférence internationale sur le climat a donné des résultats limités, très décevants pour Billetdoux qui imagine la révolte d’un groupe de jeunes contre les Chefs d’état. Décrétant que la calvitie renvoie à « l’idée d’une planète qui se venge en exprimant sa vengeance sur le crâne des hommes », notre auteur compose de chauves son groupe de rebelles parcourant le monde et arrivant jusqu’au président des Etats-Unis. C’est farceur, gamin, naïf, très BD, avec des scènes souvent très drôles. Les comédiens, Ariane Brousse, Léa Dauvergne, Raphaël Mostais, Clément Séjourné, Pierre Vos et Damien Zanoly (en alternance avec François Deblock), sont fort amusants, à l’intérieur d’une mise en scène de Julie Duquesnoy extrêmement élaborée et sachant jouer d’une manière brillante de différentes techniques.
Le Petit Chien, Avignon, 17 h 20. Photo François Vila.

Camille contre Claudel d’Hélène Zidi
Les deux âges d’une même artiste

Hélène Zidi oppose dans une rencontre imaginaire la Camille Claudel de 20 ans, dans la forte vitalité et l’espérance de la jeunesse, et celle de 79 ans, aux portes de la mort, détruite par son internement, parlant encore de l’art, de Rodin, de son frère Paul... Beaucoup de choses viennent des écrits de l’artiste, le texte est composé avec une connaissance vraie et passionnée du sujet. Que ces deux personnages, qui sont une seule et même personne à deux âges de la vie, dialoguent entre elles et se défient constitue un exercice un peu littéraire, mais il est bien porté par les deux actrices, Hélène Zidi elle-même, qui joue Camille âgée avec une juste colère brisée, et Lola Zidi, particulièrement touchante en jeune Camille..
Théâtre du roi René, Avignon, 14 h.

La Dernière idole d’Hélène François et Emilie Vandenameelle
Un double de Johnny

Qui est cette idole de la chanson qui se raconte sans dire son nom ? Johnny Hallyday, ou du moins un personnage inspiré par sa vie et ses déclarations. Hélène François et Emilie Vandenameelle ont travaillé autour du personnage de Johnny Hallyday, puis ont écrit et mis en scène « l’histoire dérisoire et pathétique d’un homme qui s’est créé son propre masque et n’arrive plus à l’enlever ». Ce cheminement vers le narcissisme et la vacuité est à la fois un portrait d’une vedette et celui de bien des vedettes de la chanson et du rock. L’interprétation de Pierre-François Garel compose admirablement une ascension qui est une chute, celle d’un artiste acharné et pourtant aveugle sur lui-même.
Artéphile, Avignon, 22 h 40.

Sol, quelque part sur la route entre Paris et la lune de Susanna Tiertant et Michel Tiertant
Une boîte à musique globe-trotter
Ce spectacle pour enfants reflète le style et les qualités de la compagnie Traintamarre de 7h10 qui allie le théâtre et la musique dans une fantaisie de bon aloi. Sol est un coffret à musique, une boîte qui peut changer de partition selon les endroits où elle va. Or Sol voyage. Il part de Paris, descend à Marseille, gagne Florence, remonte vers Varsovie. Il arrivera à Pékin, avant, peut-être, de quitter la terre. A chaque escale, un épisode et une illustration musicale pour lesquels Ulysse Barbry, Tanguy Gallavardin, Camille Gueirard et Susanna Tiertant jouent avec les mots, les notes et les meubles du décor. Dans une mise en scène d’Agnès Cambier, tout est fait avec beaucoup de goût.
Bourse du Travail, Avignon, 11 h.

Drôles de vampires de Richard Demarcy
Un message fraternel


« On est d’ici et d’ailleurs, de près et de très loin, on est de partout, on est partout, on n’a peur de rien. Nous sommes le jour et la nuit réunis, la vie », chantent les vampires de Richard Demarcy. La troupe du Naïf théâtre, qui s’adresse là aux ados, réunit de jeunes artistes de différents origines. Ils ont une belle énergie et savent tout faire : gratter les cordes des guitares électriques, jouer, chanter. Avec l’histoire écrite et mise en scène par Richard Demarcy, ils portent un message joyeux de fraternité mais, avant tout, ils font crépiter les scènes déjantées d’une pièce qui conte la rencontre d’une jeune fille vampire et d’un groupe de théâtre qui prépare un spectacle sur les vampires. Entre les faux vampires et la vraie vampire le courant passe ! Et le spectacle est électrique !
Collège de la Salle, Avignon, 12 h 30.

Bovary, Les films sont plus harmonieux que la vie de Cendre Chassane
Un film à inventer
Cendre Chassane nous rappelle que Truffaut, qui disait « Les films sont plus harmonieux que la vie », avait projeté d’adapter Madame Bovary. Mais il ne put le réaliser. Alors Cendre Chassane part sur cette piste, en tentant de créer quelque chose qui pourrait ressembler au film que le cinéaste avait dans la tête. Son texte dialogue avec Flaubert et Truffaut mais c’est surtout un parcours sensible autour de certains moments et personnages du roman, en privilégiant Emma Bovary qui passe par le filtre tendre d’un Truffaut rêvé. Cendre Chassane co-signe la mise en scène avec Pauline Gillet et joue elle-même cette œuvre toute en va-et-vient, séduisante mais pas tout à fait aboutie.
Théâtre des Halles, Avignon, 11 h, jusqu’au 28 juillet seulement.

Le Petit Poilu illustré d’Alexandre Letondeur
Les soldats de 14-18

« La Grande guerre racontée aux plus jeunes », précise le sous-titre. En scène, une chambre d’enfants où entrent deux « poilus », deux soldats de 14-18 dans leur capote de rude drap bleu, un nez de clown rouge sur le nez. Ce nez rouge, ils ne le garderont pas tout le temps. Ils se présentent comme d’anciens artistes revenant sur terre pour parler de la guerre. Ils ôtent leur calot et le remplaceront par un casque, multiplieront les attitudes : le quotidien de la première guerre mondiale revit en saynètes, en chansons, en récits, en jeux avec les objets. Alexandre Letondeur, auteur et acteur, et Romain Puyuelo ont trouvé avec le metteur en scène Nedj Grujic l’art de happer les enfants et de leur donner la meilleure des leçons d’Histoire.
Théâtre des Brunes, Avignon, 13 h 15.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.