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Critiques / Théâtre

Night in White Satie par Pierre Notte

par Gilles Costaz

L’Alphonse Allais de la musique

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Tout est parti d’une volonté de l’Adami – l’Association des artistes-interprètes - : le désir était de célébrer Eric Satie, le temps d’une soirée. La tâche a été confiée à Pierre Notte, la soirée d’hommage a eu lieu au Rond-Point en septembre dernier. Le spectacle fut si réussi que Notte a réuni une partie de la distribution (qui était très nombreuse au Rond-Point, avec pas mal d’artistes et de groupes connus) et a resserré le tout en un moment de cabaret théâtral, qui est actuellement au Balcon d’Avignon et pourrait être représenté sur n’importe quelle scène. Donc voilà Satie au centre d’une agitation joyeuse, où l’on boit, chante, parle, circule parmi les tables et autour du piano. Tout le monde est Satie, qui n’est plus du tout le monsieur au pince-nez et au col amidonné des documents jaunis. Tous ces Satie ressemblent à son délire musical et littéraire, car il écrivait bien et il pensait follement. « Plus je connais les hommes, plus j’admire mon chien », c’est de lui. Mais il en a dit d’autres, puisqu’il écrivit les Mémoires d’un amnésique.
C’est l’histoire d’un solitaire à Arcueil, au sud de Paris. Satie eut bien une passion : Suzanne Valadon vécut avec lui mais la liaison ne dépassa pas six mois et s’acheva brutalement ! Satie, c’est l’Alphonse Allais de la musique. Il fait de tout un conte à dormir debout. On le rangerait volontiers dans la confrérie des Zutiques mais ce groupe vécut au temps de Charles Cros et Rimbaud. Satie arrive après, il s’intéressera aux dadaïstes mais il a sa loufoquerie bien à lui, absurde et insolente. Le spectacle de Pierre Notte va en amplifiant le délire. Les bonnes moeurs sont même menacées en fin de parcours (pour rire). Autour de Nicole Croisille qui s’amuse beaucoup (et nous charme beaucoup) à aller et venir comme si elle passait par hasard, la jeune équipe d’acteurs-chanteurs, Nelson-Raffaelli Madel, Kevin Mischell et Anita Robillard ont un sens dynamique et contagieux de la griserie noctambule. Donia Berriri caresse et fait bondir la musque de Satie, tout en disant aussi certains de ses textes. C’est du champagne, cuvée anti-bourgeoise.

Night in White Satie, L’Adami fête Satie. Musiques et textes d’Eric Satie, textes additionnels et mise en scène de Pierre Notte, avec Nelson-Raffaelli Madel, Nicole Croisille, Kevin Mischell, Donia Berriri, Anita Robillard.

Théâtre du Balcon, Avignon, 22 h 15, tél. : 04 90 85 00 80, jusqu’au 30 juillet. (Durée : 1 h 25).

Photo Thomas Bartel.

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